Les VTC touchés de plein fouet par la hausse du prix des carburants

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Écrit par Marc Taubert avec AFP

Les chauffeurs professionnels sont coincés entre l'augmentation des prix du carburant et de l'énergie électrique.

De 450 à 600 euros par mois pour une berline et de 650 à 1150 euros pour un mini-van au diesel : la hausse est exponentielle pour les VTC. "C'est extrême", déclare Sayah Baaroun, lui-même chauffeur et secrétaire général du SCP VTC.

A la question de savoir si des aides lui ont été proposées, il répond agacé : "Quelles aides ? Rien ne nous a été proposé. Je pense qu'il y a eu pas mal de casse, des chauffeurs qui ont arrêté. Au moins, les taxis peuvent récupérer la TIPP (Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers, ndlr)".

Les chauffeurs de taxi peuvent en effet prétendre au remboursement partiel de cette taxe selon des taux fixés par région.

Vers une hausse durable

Les prix des carburants routiers vendus en France ont atteint de nouveaux sommets la semaine dernière, selon les chiffres publiés lundi par le ministère de la Transition écologique.

Le litre du Super SP95 était, par exemple, en moyenne à 1,7924 euro, soit +1,14 centime par rapport à la semaine précédente, selon des données arrêtées vendredi dernier. "On s'attend à ce que le prix du pétrole reste assez durablement haut", avait déclaré le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari lundi 14 février sur RMC.

"Ce que nous ont dit les experts, c'est que quand on fait des aides ciblées pour ceux qui en ont le plus besoin, c'est plus efficace et vous dépensez moins d'argent public", a-t-il souligné, sans pour autant annoncer d'aides au secteur.

L'électricité aussi chère

Sayah Baaroun a choisi de passer à l'électrique pour anticiper les mesures prévues par la Zone à Faible Emission (ZFE) qui prévoit d'interdire la circulation de véhicules diesel d'ici à 2024.

"On essaie de faire des efforts même s'il n'existe que peu d'offres. Je suis en train de faire installer une borne chez moi mais ça coûte 3 000 euros. Ça sera rentable mais sur le long terme", poursuit-il. Il a ainsi payé 800 euros de facture d'électricité pour son véhicule au moins de décembre.

De son côté, le gérant d'un parc de véhicules d'une importante entreprise de VTC, Didier Deschamps, indique qu'il devient plus difficile de prévoir des budgets : "Entre la baisse d'activité liée à la Covid et la hausse du prix des carburants, notre secteur est très impacté".

La taille de l'entreprise pour laquelle il travaille permet de fournir des cartes de carburant à des prix négociés avec les entreprises pétrolières comme Total. Mais les tarifs restent élevés.

Seul espérance, une reprise de l'activité. "Mais tant que les frontières ne seront pas totalement rouvertes, ce sera difficile", analyse-t-il.