Le mal-être au temps du deuxième confinement

Des associations et des municipalités ont mis en place des structures afin d’assurer un soutien psychologique à toute personne isolée ou en difficulté. 
Photo Antoine Martin / Hans Lucas via AFP
Photo Antoine Martin / Hans Lucas via AFP
Stress, angoisse, anxiété, troubles du sommeil, perte de confiance en soi… telles peuvent être les conséquences du nouveau confinement imposé par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie de covid-19, le deuxième en moins d’un an. Ces symptômes peuvent être aperçus chez de nombreuses personnes aux profils variés. Ils touchent tant les personnes âgées que les jeunes en passant par ceux en télétravail, mais le plus souvent, les personnes affectées sont celles vivant seules ou dans des conditions difficiles et/ou précaires.

L’environnement n’est pas propice aux pensées positives. Depuis mars 2020, pas une journée ne passe sans que l’on ne pense ou parle de l’épidémie, de son évolution, du nombre de cas en France, ainsi que du nombre de décès... Le deuxième confinement est pourtant moins strict que le premier. Il y a certes, actuellement, des ressemblances, mais de nombreux lieux fermés ou inaccessibles en mars sont actuellement ouverts tels les écoles, les parcs et jardins, les marchés, les églises ou encore les Ehpad. Cela n’empêche pas une augmentation des troubles psychosociaux, d’anxiété et d’addiction chez certains.
 

"Aujourd’hui les gens n’ont plus de repères, ils ne voient pas le sens de ce qui se passe, il y a une perte de contrôle majeure et une incapacité à se projeter sur tout sujet." 

Marie-Estelle Dupont, psychologue et psychothérapeute



"Le deuxième confinement est plus sur un versant de dépression que d’anxiété. Il y avait de l’anxiété face à l’inconnu lors du premier confinement. Là, il y a une dépression, une perte de sens, de ne pas voir le bout du tunnel avec un sentiment de ‘tout ça pour ça’ et que les sacrifices qui ont été faits n’ont rien donné", explique Marie-Estelle Dupont, psychologue et psychothérapeute, contactée par France 3 Paris Ile-de-France. "L’humain a besoin de quatre choses : de sens, de repères, de contrôle et de capacité de se projeter. Aujourd’hui les gens n’ont plus de repères, ils ne voient pas le sens de ce qui se passe, il y a une perte de contrôle majeure et une incapacité à se projeter sur tout sujet", ajoute-t-elle. Cette capacité de se projeter rend impossible toute anticipation, et par conséquent toute organisation. On constate également une explosion de la vente de psychotropes et d’antidépresseurs qui, à haute dose, peuvent laisser des séquelles importantes à long terme.

Plateformes d’aide

Face à ce phénomène, des associations ont pris des dispositions afin d’assurer un contact avec toute personne en difficulté, qu’il s’agisse par exemple d’un contact téléphonique ou physique. "Pendant le premier confinement, il y a eu un effet de surprise et de sidération pour tous", précise Françoise Mornington, psychologue clinicienne et membre de l’association « Epoc » dans le XIXe arrondissement de Paris, contactée par France 3 Paris IDF. "En mars/avril, l’offre d’appel téléphonique de l’Epoc pour garder le contact avec des patients était plus ou moins acceptable (…) Avec le deuxième confinement, des patients préfèrent l’accueil en présentiel parce que l’idée du téléphone leur est devenue insupportable. Ils ne veulent pas revivre le premier confinement et/ou accentuer les dégâts déjà causés", dit-elle.
 

"Ce dont les personnes ont le plus besoin, c’est, très souvent, d’un simple contact téléphonique", affirmait dimanche Vincent Mocenis, trésorier de l’association Familles de Neuilly. "Nous, qui nous sentons impuissants parce qu’on n’est pas médecins, pompiers ou policiers, cela nous a permis de nous rendre utile et de contribuer, à notre petit niveau à cette période de confinement", ajoutait-il. "Ce qu’on constate, c’est qu’avec le deuxième confinement, on ne contacte plus seulement les personnes d’un certain âge. Il y a de ‘nouvelles solitudes’, notamment chez les jeunes (…) on est là afin de recréer du lien de façon intergénérationnel", insistait de son côté le président d’honneur de cette association Benoît Aguelon.

Des municipalités ont également mis en place des structures afin de recevoir des appels de personnes isolées. C’est par exemple le cas de Levallois, Châtillon – qui propose des consultations par téléphone avec une psychologue – ou encore Saint-Denis. La ville a renseigné des contacts d’aide sur son sur son site internet. Les rendez-vous s'adressent à toutes les catégories : jeunes, soignants et professionnels de santé, familles endeuillées ou personnes souffrant (déjà) de troubles psychiatriques.

Des plateformes numériques existent également. Par exemple, SOS amitié ou encore celle de la fondation de recherche FondaMental. Dédiée à la lutte contre les maladies mentales, elle a créé Covid-Écoute, une plateforme de téléconsultation afin de permettre à tous ceux qui le souhaitent de pouvoir consulter un professionnel de la santé mentale gratuitement.

 
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