Pollution dans la Seine : quatre centrales à béton franciliennes mises en demeure après des contrôles

Un contrôle inopiné a eu lieu sur 46 centrales à béton fin septembre-début octobre pour vérifier les risques de pollution dans la Seine. Quatre sont en situation irrégulière et 20 doivent apporter des compléments d'informations aux autorités.

A l'approche des Jeux olympiques, la Seine doit devenir propre et permettre la baignade. La Direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports (la Drieat), a déployé une quarantaine d'inspecteurs de l'environnement pour contrôler 46 centrales à béton susceptibles de rejeter des polluants dans le fleuve, soit "plus de 15% des centrales franciliennes" entre le 27 septembre et le 4 octobre.

Résultat : sur l'ensemble de ces centrales contrôlées, 4 vont être mises en demeure "pour un défaut d'enregistrement" et 20 "devront apporter des compléments pour clarifier leur conformité à la réglementation, principalement sur des sujets relatifs au suivi des émissions (eau, air, bruit)", explique le service par communiqué.

Ces contrôles sont destinés à "vérifier le respect des dispositions relatives à la réutilisation des effluents, tant pour limiter la consommation d'eau que leurs rejets dans le milieu naturel", précise la Drieat.

Soupçons de pollutions régulières de la Seine

Une affaire avait fait grand bruit en septembre 2020. L'entreprise LafargeHolcim était accusée de rejeter des polluants et des eaux usées non traités dans la Seine, en plein Paris, sur son site de Bercy dans le XIIe arrondissement. Le parquet de Paris avait ensuite ouvert une enquête pour "déversement de substances nuisibles par personne morale", "jet ou abandon par personne morale de substances nuisibles" et "utilisation de produits phytosanitaires sans respecter les conditions d'utilisation".

Pour Maryse Fourcade, vice-présidente de l’Association des riverains du port de Javel et interrogée à la suite de cette affaire, ces centrales situées en zone urbaine posent de nombreux problèmes. Elle s'inquiètait surtout du projet d'une nouvelle centrale à béton au même emplacement : "En 2017, l’amodiation (acte juridique par lequel une autorité publique ou un particulier affecte à une entreprise privée ou collectivité, un terrain pour une durée limitée, ndlr) confiée au groupe LafargeHolcim par Haropa-Port de Paris est arrivée à expiration. On s’attendait tous à ce que l’usine soit déménagée et reconstruite dans un site à l’écart des habitations. Mais non ! Le permis de construire a été accordé".

L'entreprise se défend et parle d'un "projet exemplaire". Selon elle, il s'agit d'une infrastructure "à la capacité réduite, mieux insérée dans la ville et dans l’environnement et donc mieux acceptée par les riverains".

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