JO de Paris 2024 : avec le ticket de métro à 4 euros, "certains Franciliens risquent tout de même de se retrouver pénalisés"

Alors que Valérie Pécresse a annoncé le quasi-doublement du prix du ticket de métro à l’unité pendant l’été 2024 pour financer le surcoût des transports lié aux JO de Paris, ce dispositif temporaire suscite des critiques parmi les associations d’usagers et les élus.

4 euros à l’unité, contre 2,10 euros actuellement. Le quasi-doublement du prix du ticket de métro du 20 juillet au 8 septembre 2024, annoncé lundi par la présidente d’Île-de-France Mobilités (IDFM) Valérie Pécresse (LR) dans une vidéo sur X, suscite de nombreuses réactions.

"C’est un peu plus la surprise", explique Marc Pélissier, président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT) Île-de-France, à France 3 Paris Île-de-France. Alors que la RATP et la SNCF seront contraintes d'augmenter largement la fréquence de leurs trains pour transporter 10 millions de spectateurs, Valérie Pécresse estime à 200 millions d’euros le surcoût engendré par les JO.

"Faire payer les touristes, ce n’est pas forcément illogique. L’Etat et la région n’avaient pas trouvé d’accord sur les 200 millions d’euros liés aux JO, donc ça allait forcément se retrouver quelque part", estime Marc Pélissier, en faisant référence à la récente signature d'un protocole d'accord entre l’autorité organisatrice francilienne et l'Etat sur le financement des transports sur la période 2024-2031. 

A lire : Navigo : vers un passe à 86 euros en 2024, soit une hausse de 2,6% des tarifs

"Certains Franciliens risquent de se retrouver pénalisés"

Pendant l’été, le carnet passera également à 32 euros, contre 16,90 euros actuellement. Les forfaits Navigo mensuels et annuels, les passes Imagin'R et senior "ne seront pas concernés par ces augmentations", a toutefois précisé la présidente d’IDFM, qui a par ailleurs annoncé un passe spécial "Paris 2024" pour les visiteurs (à "16 euros par jour", avec un tarif dégressif en fonction du nombre de journées, et "70 euros par semaine").

L’objectif est de forcer les passagers occasionnels à se diriger vers le forfait JO pour limiter les files d'attente générées par l’achat  de tickets à l’unité. Le prix du trajet vers les aéroports sera également en hausse et les autres forfaits jour et semaine seront suspendus d’après Valérie Pécresse.

La présidente d’IDFM, qui souligne que "les abonnés qui ont un Navigo mensuel ou annuel, un passe Imagin'R ou un passe senior ne seront pas concernés par ces augmentations", conseille aux "voyageurs occasionnels" hors JO d'anticiper et "d'acheter avant le 20 juillet leur titre de transport, soit sur une carte Easy, soit sur Liberté+, afin de ne pas être impactés par ces hausses".

"Certains Franciliens risquent tout de même de se retrouver pénalisés dans cette affaire", craint Marc Pélissier, qui se dit également "étonné" par l’amplitude de la période annoncée.

"C’est plutôt juste qu’il y ait des tarifs plus élevés pendant les Jeux olympiques pour les non abonnés et les non résidents. L’offre supplémentaire coûte cher et si c’est pas le visiteur qui paie ce sera l’usager du quotidien ou le contribuable. Ce qui est plus surprenant en revanche c’est que la surcharge durera jusqu’au 8 septembre, soit bien au-delà de la cérémonie de clôture du 11 août. Les Jeux paralympiques fin août début septembre ? Il y aura bien moins de visiteurs", déplore également l’association d’usagers Plus de trains sur X.

"C'est donc cela les jeux 100% accessibles en transports en commun ?"

Sur le réseau social, de nombreuses réactions pointent aussi du doigt l’"accès gratuit au réseau de transport en commun pour les détenteurs de billets le jour de la compétition et pendant toute la durée des Jeux Paralympiques pour les personnes accréditées", évoqué dans le dossier de candidature Paris-2024 en 2017.

"Pendant les JO-2024, il faudra donc débourser 70 euros/semaine pour prendre les transports en commun ! Les tickets seront à 4 euros pour tout le monde ! C'est donc cela les jeux 100% accessibles en transports en commun ? Des métros et des bus réservés aux plus riches ?", déclare notamment David Belliard (EELV), l’adjoint à la mairie de Paris en charge des transports.

La gratuité "enterrée" en 2022

Selon IDFM, l’autorité "a toujours été contre" concernant "le thème de la gratuité des transports". "Dans le dossier de candidature de Paris-2024, Paris-2024 avait prévu de compenser le coût de l'offre supplémentaire pour les spectateurs des Jeux Olympiques et Paralympiques. D'où la notion de gratuité dans le dossier de candidature", indique IDFM.

"En décembre 2022, Paris-2024 a révisé ses équilibres financiers afin de dégager des marges de manœuvre permettant de faire face aux surcoûts imprévus de l'inflation et de se concentrer vers les dépenses clés. Paris-2024 a décidé à ce moment-là de renoncer à la gratuité prévue au dossier de candidature. La gratuité n'existant pas, ce coût sera donc pris en charge par les spectateurs des Jeux Olympiques et Paralympiques", explique l’autorité.

Même son de cloche au sein deParis-2024 pour qui les Franciliens ne seront pas pénalisés s'ils anticipent leurs achats de tickets ou passe navigo, avant la période des JO. Quant aux non Franciliens, Paris 2024 a défendu un passe journée spécial JO plus économique que le passe journée classique.

Côté gouvernement, le ministre délégué aux Transports Clément Beaune a rappelé que "pour les Jeux, l'important est que les abonnés et tous les Franciliens qui peuvent acheter leurs billets à l'avance ne soient pas impactés et soient préservés". "C'est le cas", a-t-il salué.

L'adoption des nouveaux tarifs pour l’été 2024 fera l'objet d'un vote lors du Conseil d'administration d'IDFM prévu le 7 décembre prochain.

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