Deux parlementaires jugent "inquiétante" la situation des transports en Île-de-France à un an et demi des Jeux olympiques.

Les transports en commun, déjà en situation critique, pourront-ils tenir pendant la période des Jeux olympiques ? "On doit accueillir entre 13 et 15 millions de personnes", explique Stéphane Peu, député (PCF-Nupes), l'un des deux membres de la mission d'information sur les retombées des JO, menée avec le député Stéphane Mazars (Renaissance).

Le constat est rude : "jamais les transports franciliens n’ont aussi mal fonctionné", résument-ils à deux plumes dans ce document en identifiant quatre principaux problèmes : l'accessibilité pour personnes à mobilités réduites, la réalisation de certaines lignes, le manque de personnels et la prochaine ouverture à la concurrence des bus.

La ligne 14 pourrait ne pas être prête à temps

Mais avant tout, "on a un gros clignotant sur la multiplicité des acteurs, le fait que chacun renvoi son dossier sur l'autre. Tout est éclaté entre Île-de-France Mobilités (IDFM), les sociétés publiques prestataires, la société du Grand Paris et la Ville de Paris", poursuit le député qui salue la nomination d'un délégué interministériel pour les coordonner.

Car les déplacements vont considérablement augmenter. Île-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité chargée d'organiser les transports dans la région francilienne, prévoit de transporter 7 millions de voyageurs pendant les deux semaines des Jeux olympiques (du 26 juillet au 11 août 2024) et 3 millions pendant les paralympiques (28 août au 8 septembre 2024).

Or, plusieurs infrastructures cruciales aux JO comme les extensions nord (Saint-Denis Pleyel) et sud (aéroport d'Orly) de la ligne 14 du métro et la mise en service partielle du RER Eole ne seront livrées qu'au printemps 2024, ne pouvant donc souffrir d'aucun délai. "La livraison est prévue pour mai 2024, cela est très juste. Nous avons constaté qu'en 2016, la société du Grand Paris n'avait pas modifié son calendrier des chantiers", déplore M. Peu.

Efforts sur l'adaptabilité des transports

Autre préoccupation majeure, l'adaptabilité des transports aux personnes à mobilités réduites. "On accueille tout de même les Jeux paralympiques !", s'exclame l'élu communiste. Si de nombreuses anciennes stations de métro ne peuvent pas bénéficier d'aménagements, il est prévu que toutes les stations de bus soient adaptées.

Enfin, Stéphane Peu regrette "la volonté à tout prix de la présidente d'IDF Mobilités (Valérie Pécresse, ndlr) d'ouvrir à la concurrence les bus de la RATP au 1er janvier 2025, ce qui est une date source de grandes tensions sociales à la RATP". Les deux auteurs de ce rapport demandent le report de cette date, "au préjudice du bon fonctionnement des réseaux de bus à l'approche des Jeux".

Source : AFP