JO de Paris 2024 : près de 13 000 personnes expulsées hors Île-de-France selon des associations qui dénoncent un "nettoyage social"

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Les expulsions de personnes migrantes et en situation de précarité ont augmenté en Île-de-France selon un rapport d'associations. Ces dernières dénoncent les pratiques des autorités à quelques semaines de la tenue des Jeux olympiques.

L'Île-de-France "vidée d'une partie de ses habitants les plus précaires" ? C'est en tout cas ce que dénonce un rapport d'associations, qui déplorent la volonté "d'invisibiliser" la pauvreté sous la "pression" de l'organisation des Jeux Olympiques. 

Selon le collectif Le Revers de la médaille - qui rassemble quelque 80 associations d'aide aux personnes les plus fragiles -, le "nettoyage social" s'est amplifié à l'approche des JO de Paris (26 juillet - 11 août).

Près de 13 000 personnes expulsées d'Île-de-France 

Sur la période 2023-2024, le collectif a recensé 138 expulsions en Ile-de-France (dont 64 de bidonvilles, 34 de tentes et 33 de squats) contre 121 en 2021-2022 et 122 pour 2022-2023. Ces expulsions ont concerné 12 545 personnes entre mai 2023 et avril 2024, principalement des migrants, soit une augmentation de 38,5% par rapport à la période de 2021-2022, selon ce rapport.

Parmi eux, 3 434 étaient mineures, soit deux fois plus que l'année précédente et trois fois plus qu'entre 2021-2022.

Ces personnes ont été dispersées en-dehors de l'Ile-de-France pour être abritées dans des sas d'accueil temporaires régionaux, créés en mars 2023, pour une durée maximum de trois semaines, avec la promesse à l'issue d'un hébergement pérenne. Selon les chiffres communiqués par la préfecture d'Île-de-France à franceinfo, 5 224 personnes ont été déplacés d'Île-de-France depuis la création de ces sas régionaux.

Mais, relève le collectif, ces envois en région ont eu lieu en l'absence de consentement "véritablement libre et éclairé", avec, au final, de nombreuses remises à la rue en raison de la situation administrative des migrants. 

Une absence de "diagnostic social"

Il déplore également la "quasi-inexistence" de diagnostic social en amont des expulsions, ce qui conduit à une "déshumanisation et une absence de considération des situations individuelles". Le Revers de la médaille déplore par ailleurs "le harcèlement" et des "contrôles administratifs à répétition" des travailleuses du sexe, dans le but de les "éloigner de l'espace public".

L'association Aides, qui gère un centre d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD) à proximité des Halles à Paris, a constaté de "nombreuses expulsions" dans les stations de métro et une forte présence policière dans la zone alentour concernée par un arrêté d'interdiction des rassemblements. Ce qui a un impact sur la fréquentation du centre.

Toutes ces opérations à l'encontre des personnes en situation de précarité mettent également à mal le travail des associations, déplore le Revers de la médaille.

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