La piétonisation du site de la Tour Eiffel continue de susciter des oppositions

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Écrit par Elie Saïkali

Des associations de défense de l’environnement ont tenu un point presse ce mardi matin devant le parvis de l'Hôtel de Ville afin de dénoncer ce projet titanesque entrepris par la Ville, un peu moins de 900 jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques de 2024.

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Le Conseil de Paris se penche ce mardi 8 février sur la dernière étape, la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme, qui doit donner le coup d’envoi des travaux de rénovation du site de la tour Eiffel, un chantier pharaonique. En cas d’accord, les travaux devraient débuter avant l’été 2022. Un réaménagement dénoncé par ses opposants.

Des images trompeuses

Plusieurs associations de défense de l’environnement ont tenu un point presse ce mardi matin sur le parvis de l’Hôtel-de-Ville afin de dénoncer l’incohérence de ce projet et ses failles. Certains critiquent les reports de circulation pour les voitures qui n’auraient à priori pas été suffisamment pris en compte ; ou encore la sécurisation du site qui serait rendue plus difficile.

Ce qui se passe, c’est que la société d’exploitation de la tour Eiffel s’est appropriée les pieds de la tour pour chasser les Parisiens et faire du commerce.

Philippe Kayat, secrétaire général de l’association SOS Paris

Tous estiment que les dessins d’architecte — qui ont circulé sur internet et les réseaux sociaux depuis maintenant près de trois ans — sont trompeurs, donnant l’impression d’un immense espace vert. Alors qu’en réalité, le projet serait celui d’une bétonisation et d’une artificialisation accrue du site. Celui-ci doit "rester avant tout un lieu où tout le monde peut circuler. Ce qui se passe, c’est que la société d’exploitation de la tour Eiffel s’est appropriée les pieds de la tour pour chasser les Parisiens et faire du commerce", estime Philippe Kayat, secrétaire général de l’association SOS Paris, interrogé par France 3 Paris Île-de-France. "C’est un centre commercial déguisé qui est fait", ajoute-t-il.

« Catastrophe urbaine »

Parmi les opposants figurent également des élus de la capitale : les maires des VIIème, XVème et XVIème arrondissements de Paris : Rachida Dati, Philippe Goujon et Francis Szpiner. Et pour cause, ils sont directement concernés, le site de la Tour Eiffel s’étendant sur les trois arrondissements. Pour Philippe Goujon, ce projet "est une catastrophe urbaine". "On s’apprête à transformer un quartier emblématique et historique de Paris en un champ de foire commerciale", estime-t-il.

On s’apprête à transformer un quartier emblématique et historique de Paris en un champ de foire commerciale.

Philippe Goujon, maire LR du XVème arrondissement de Paris

Il estime par ailleurs que ce projet n’est pas une priorité, surtout dans une période financièrement instable pour la ville. "Est-ce vraiment le moment de dépenser plus de 100 millions d’euros alors que les finances de la ville sont exsangues et pour une opération qui peut être reportée de plusieurs années ?", s’interroge-t-il.

Du Trocadéro à l’Ecole militaire

Le projet de rénovation du quartier de la Tour Eiffel est l’un des projets les plus ambitieux de la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo. Il consiste en une piétonisation de la place du Trocadéro jusqu’à l’Ecole militaire, l’un des axes les plus fréquentés de la capitale — non seulement par les Parisiens mais aussi par les touristes. Cet axe passe par la place de Varsovie, le pont d’Iéna (qui sera végétalisé), le parvis de la tour Eiffel, la promenade Bir-Hakeim, les jardins du Champ-de-Mars et la Place Jacques-Rueff.

Face à l'opposition des élus écologistes, une partie du champs de Mars ne sera pas incluse dans le réaménagement initial.

Ce projet pourrait radicalement changer la face de la capitale, en tout cas de son centre. Le mot d’ordre : plus de verdure, et beaucoup moins de véhicules.

Côté chiffres, ce projet, c’est "16 724 m² d'espaces verts supplémentaires, soit une augmentation de 35 % sur les 22 hectares du projet", indique la mairie de Paris sur son site internet. Ce sont également 180 arbres qui seront plantés. Un poumon vert à l'image de Central Park à New-York ou Hyde Park à Londres ou encore Berlin avec le Mauerpark.

La Ville de Paris souhaite terminer ce réaménagement avant l'ouverture des JO de 2024.