Les ponts de Paris sous la loupe de plongeurs pour inspecter leurs fondations

Tous les ponts sont expertisés pour éviter une catastrophe. Le trafic fluvial et les risques de collision, le mouvement de la Seine et le temps qui passe sont autant de raisons de surveiller ces ouvrages historiques.
Une équipe de plongeurs expertise la partie immergée du Pont des Invalides.
Une équipe de plongeurs expertise la partie immergée du Pont des Invalides. © France 3 Paris Ile-de-France

Emblème de la capitale, les ponts de Paris subissent les affres du temps. Des millions de déplacements ont lieu chaque année sur ces édifices qui, parfois, sont pluri-centenaires. Chaque année, des équipes de plongeurs inspectent la partie subaquatique des 37 ponts que compte la Ville Lumière.

Ce mercredi, c'était au tour du Pont des Invalides d'être examiné. "Il y avait à peu près 1,50 de visibilité, c'est un peu moins bien cette année, la Seine est chargée. Nous avons vu les fondations, il y avait pas mal d'enrochements autour pour protéger les piles (les appuis intermédiaires d'un pont, ndlr). Les ouvrages sont en bon état", se veut rassurant Fred, un des plongeurs.

Ces plongeurs vérifient notamment les fondations des ponts parisiens.
Ces plongeurs vérifient notamment les fondations des ponts parisiens. © Cerema

Tous les ponts expertisés

Tous les 6 ans, l'ensemble des ponts parisiens sont expertisés pour suivre leur état. "Il faut regarder dans quel état est le pont, particulièrement les parties qui sont sous l'eau, regarder s'il y a des trous, des affouillements sous les piles, c'est-à-dire si la terre est enlevée aux pieds de la pile et si les fondations apparaissent. S'il y a des fissures, parfois on va mettre des capteurs pour les suivre dans le temps", explique Pascal Berteaud, directeur général de l'établissement public d'expertise, le Cerema.

Car si selon ce professionnel l'ensemble de ces vieux ouvrages sont "en bon état car ils sont suivis régulièrement", les travaux peuvent vites se chiffrer en millions d'euros. "Dans un certain nombre de cas, les fondations sont faites de pieux en bois. À une époque, ces piliers en bois se retrouvaient régulièrement à l'air libre et l'air attaque le bois ce qui produisait un désordre important", poursuit-il.

Des ponts se sont déjà écroulés

Ces travaux sont décidés par la mairie de Paris qui a la charge de les entretenir. Cette année, 10 autres ponts ont été ou vont être inspectés : le Pont National, le Pont de la Tournelle, le Pont Marie, le Pont de l’Archevêché, le Pont d’Arcole, le Pont Notre-Dame, la Passerelle Léopold Sedar Senghor, le Pont de la Concorde, le Pont Alexandre III et le Pont St Louis.

"Dans l'histoire, des ponts se sont déjà écroulés. Aujourd'hui, le but est d'éviter une catastrophe et de les maintenir dans le meilleur état possible. Il y a également une problématique patrimoniale. Nous sommes dans des sites chargés d'histoire donc il faut assurer la comptabilité entre ces réparations techniques et ce volet patrimonial pour conserver ce bon état de conservation", indique Ambroise Dufayet, responsable ouvrages d'art à la Ville de Paris.

Dans l'histoire des catastrophes récentes, le pont des Arts est le dernier à s'être en partie effondré, en 1979. Il avait été fermé en 1977 après une expertise qui avait rapporté sa fragilité, notamment en raison de plusieurs collusions avec des bateaux. Il a été reconstruit à l'identique et inauguré en 1984.

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