Les locations de piscines entre particuliers de plus en plus prisées en Île-de-France

Depuis le début de la saison, près de 1 000 réservations de piscines privées ont déjà eu lieu sur la plateforme Swimmy, rien que dans la région Île-de-France.
Le dispositif contente les propriétaires qui amortissent les coûts d'entretien, et les loueurs qui veulent s'évader le temps d'une demi-journée
Le dispositif contente les propriétaires qui amortissent les coûts d'entretien, et les loueurs qui veulent s'évader le temps d'une demi-journée © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP
Qui ne rêverait pas de plonger dans l'eau pour résister à ces chaleurs accablantes ? Un fantasme que peuvent désormais assouvir tous ceux qui ne disposent pas de piscine à leur domicile. Depuis quelques années, plusieurs plateformes permettent à des particuliers de louer leurs piscines personnelles. Et la popularité de ces applications semble bondir en 2020. Comme en atteste le succès de Swimmy.

La start-up voit ses chiffres grimper continuellement depuis sa création en 2016. "Le développement se fait de façon rapide. Chaque année, on réalise des chiffres trois fois supérieurs à ceux de l’année d’avant", salue François-Xavier Denoyel, directeur des opérations. Et dans le contexte du coronavirus, la société est parvenue à accroître encore le nombre de réservations de piscines entre particuliers. En Île-de-France, Swimmy a compté 200 réservations en mai 2020 au moment du déconfinement, contre une vingtaine en mai 2019. "Il y a eu un boom que l’on peut attribuer au coronavirus fin mai. On a vu une explosion. Le Covid a eu un impact dans la notoriété de la marque", estime le directeur des opérations. Depuis le début de la saison, 1 000 réservations de piscines ont déjà eu lieu en Île-de-France.

100 000 utilisateurs en France

Pierric fait partie des utilisateurs de la plateforme qui ont découvert le concept dernièrement. Le jeune homme a alors proposé à la location la piscine de son logement de Longjumeau il y a deux jours. "Je suis du genre à ouvrir mes oreilles. J’ai appris que la plateforme existait très récemment. Pendant le mois d’août, la situation se présentait bien. Je suis sur place mais je n’utilise pas mon jardin. C’était idéal". Le Francilien a déjà accueilli plusieurs particuliers dans sa piscine depuis ce week-end. Comme lui, 100 000 personnes utilisent l’application en France et en Espagne, dont 3 000 propriétaires de piscines.

"Deux populations se rencontrent. Le propriétaire de la piscine. Et le locataire qui veut la réserver pour une demi-journée. Et le lieu virtuel de cette rencontre, c’est la plateforme", détaille François-Xavier Denoyel. Ainsi, le propriétaire d’une piscine passe une annonce sur le site, où il indique le lieu où il habite et le tarif qu’il exige. Toute personne intéressée peut alors envoyer une demande de réservation. "Notre rôle, c’est d’essayer de favoriser la communication avant la réservation, explique le directeur des opérations. Les locataires et propriétaires doivent rentrer en contact et se parler pour essayer de sentir les choses".

Les propriétaires font le plongeon

"On prévoit une plage horaire. Les locataires débarquent. On fait un état des lieux, on s’assure que tout fonctionne. À la fin, on refait un état des lieux", ajoute Pierric. Malgré l’appréhension de recevoir des inconnus dans sa propre piscine, le Francilien a décidé de se jeter à l’eau : "On se pose la question. Pour l’anecdote, hier, il y a eu de la casse. Un pistolet à eau a été cassé. On voit avec les locataires si on le signale et le facture ou pas. Hier j’ai décidé de ne pas le facturer. Après c’est un équilibre. J’ai décidé de tenter l’aventure. Et on est rassuré par le site et la prise en charge de l’assurance".

"C’est un moyen de compenser. Je loue pour des raisons financières essentiellement"

Pierric, propriétaire de piscine


Mais malgré ces quelques risques, les propriétaires de piscine y voient un intérêt : amortir les coûts d’entretien importants pour cet équipement. Chaque année, une piscine engendre entre 300 et 1 000 euros de dépenses. Pour une demi-journée de location, les prix vont de 15 à 40 euros par personne en région parisienne. "C’est un moyen de compenser. Je loue pour des raisons financières essentiellement", confirme Pierric. La France compte 2,5 millions de propriétaires de piscine. Pour beaucoup, l’entretien représente un budget important. "On imagine souvent qu'un propriétaire de piscine ne se pose pas la question de l'argent. Mais 50% des propriétaires touchent un revenu mensuel inférieur à 3 000 euros, et 25% inférieur à 1 500 euros. Il n’y a pas que des gens qui n’ont pas de problème d’argent", estime François-Xavier Denoyel.

Respect des mesures sanitaires

Quant aux loueurs, réserver une piscine privée représente l’occasion de sortir du quotidien et de s’évader le temps d’une demi-journée. "La première idée, c’est la privatisation et l’intimité. Vous avez une piscine juste pour vous. Et puis, il y a aussi le fait de louer aussi un jardin, un barbecue, les équipements. Ca permet de passer une après-midi sympa et détendue", explique le directeur des opérations. En Île-de-France, les loueurs sont ainsi souvent des habitants de la région qui résident à proximité. "Les gens ne se déplacent pas de très loin, confirme Pierric. Pour l’instant, je n’ai reçu que des habitants de banlieues qui sont près de chez moi".

Face à l’épidémie de Covid-19 , les locataires et propriétaires sont soumis à des règles strictes. Les gestes barrières doivent être respectés tandis que les propriétaires ont l’obligation de laver les équipements et éléments de mobilier à la javel après chaque passage. "On a eu un besoin de rassurer les utilisateurs sur le coronavirus. On a eu un rôle d’informateur très marqué. On a relayé des études sur la survie du virus dans l’eau", conclut François-Xavier Denoyel.
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