Mobilités : découvrez les rues très fréquentées par les piétons, sur cette carte de Paris réalisée par l'Apur

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L'association Apur, Atelier parisien d'urbanisme, a réalisé une carte de Paris. Publiée en ce mois de juin, elle montre le nombre de piétons dans les rues de la capitale. Un outil important notamment pour la mairie de Paris pour aménager la ville.

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Vous faites sûrement partie des quelque 3,5 millions de piétons qui marchent dans les rues de Paris. Avez-vous déjà eu envie de savoir quelle est la rue la plus fréquentée ? Ou à l'inverse, celle qui voit passer le moins de piétons ? Deux questions qui peuvent trouver leurs réponses, grâce à la carte réalisée par l'Apur. Le but de ce collectif qui travaille avec 29 partenaires dont la RATP : permettre de réaménager de façon sûre les espaces et rues où les piétons sont nombreux.

Quelques rues et places parisiennes en surchauffe

Les rues sont classées en trois catégories. Elles peuvent être répertoriées comme fortement, moyennement ou faiblement sollicitées. La majorité des rues de la capitale est dans la dernière catégorie. Les voies moyennement remplies sont en revanche situées dans l'ensemble des arrondissements. Le boulevard Richard-Lenoir (11e arrondissement), la rue de Clichy (17e arrondissement) ou une partie de la rue de la Convention (15e arrondissement) en sont quelques exemples.

À l'inverse, les rues situées dans des espaces à côté de grands commerces ou de monuments très fréquentés par les touristes sont fortement fréquentées par les piétons. C'est le cas notamment pour l'ensemble de la rue de Rivoli (1er arrondissement), de l'avenue des Champs-Elysées (8e arrondissement) ou encore du boulevard de Magenta (10e arrondissement).

D'autres espaces comme « République, Bastille, les parvis des gares parisiennes, mais aussi la rue de Rennes » sont aussi concernés. C'est ce qu'explique David Belliard, adjoint à la maire de Paris chargé de la transformation de l’espace public et des mobilités.

Plusieurs enseignements et améliorations

L'association est présidée par Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris en charge de la végétalisation, de l’espace public, des espaces verts, de la biodiversité et de la condition animale. Elle dresse plusieurs constats.

L'Apur relève notamment que les trottoirs sont encore inadaptés, par exemple pour les personnes en situation de handicap. « 118 km, soit 5% des trottoirs parisiens, présentent une largeur inférieure à 1,40 m, pos(ent) des difficultés pour les personnes en fauteuil roulant », estime l'Apur.

Autre remarque : il n'est toujours pas possible de respecter la distance entre les personnes, une possibilité pourtant importante à la suite de la crise sanitaire. « Près de 46% du linéaire de trottoirs parisiens font moins de 2,8 m, largeur recommandée au moment du déconfinement pour la distanciation physique entre deux personnes se croisant », détaille l'Apur.

Cet outil permet aussi à la mairie de Paris de tirer trois enseignements. « La carte met en lumière le fait que l'espace public est très sollicité par les piétons. Ce qui permet de dire que la marche à pied se développe de plus en plus à Paris, ce qui est un des points positifs », assure David Belliard.

L'adjoint à la maire de Paris chargé entre autres de la transformation de l’espace public et des mobilités poursuit : « Il s'agit d'un outil précieux utilisé par le comité vélo pour mettre en place le plan pour articuler  la présence entre les utilisateurs du vélo et les piétons. C'est aussi le moyen de pouvoir repérer les espaces publics très sollicités et qui laissent peu de place aux piétons, pour procéder à l'élargissement des trottoirs et à la mise en place de continuités. »

Le membre de l'équipe municipale ajoute que cette cartographie permet de voir aussi l'évolution des modes de déplacement : « Avant, les déplacements se faisaient soit en voiture, en métro ou en bus. Maintenant, tout cela a évolué : le vélo, le mono-roue et les cycles prennent plus de place. La carte nous permet de pouvoir établir des cohabitations et de protéger les plus vulnérables, c'est à dire les piétons. C'est pour ça que nous avons par exemple fait brider les trottinettes sur les axes très fréquentés par les piétons. »