Mort de Valéry Giscard d'Estaing : la vie parisienne de l'ancien président, de l'enfance jusqu'à l'Elysée

Valéry Giscard d'Estaing est mort mercredi, à l’âge de 94 ans. Alors que la maire Anne Hidalgo a rendu hommage à celui qui, selon elle, "portait Paris dans son cœur et lui a toujours voué un intérêt tout particulier", quelle a été la vie parisienne de l’ancien président ?
Valérie Giscard d'Estaing le 11 janvier 2010 aux Invalides, à l’occasion d’une cérémonie d’hommage à Philippe Séguin.
Valérie Giscard d'Estaing le 11 janvier 2010 aux Invalides, à l’occasion d’une cérémonie d’hommage à Philippe Séguin. © IAN LANGSDON/EPA/Newscom/MaxPPP
Mort mercredi 2 décembre des suites du coronavirus à l’âge de 94 ans, Valéry Giscard d'Estaing aura des obsèques organisées "dans la plus stricte intimité" selon son entourage. Alors que les hommages à l’ancien président de la République se succèdent, la maire PS Anne Hidalgo salue dans un communiqué "cet Européen convaincu qui a œuvré pour inscrire notre pays sur la voie du progrès", déclarant qu’il "portait Paris dans son cœur et lui a toujours voué un intérêt tout particulier". Retour sur la vie parisienne de "VGE". Né le 2 février 1926 à Coblence en Allemagne et décédé mercredi à Authon, dans le Loir-et-Cher, Valéry Giscard d'Estaing a en effet passé la majeure partie de sa vie dans la capitale. L'enfant, dont la famille retourne en France dès juillet 1926, habite d’abord au 71, rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le VIIIe arrondissement.

Passé par les lycées Janson-de-Sailly et Louis-le-Grand, au cours de l'Occupation, il obtient son bac en 1942, à l'âge de 16 ans. Suite à une classe préparatoire à Louis-le-Grand, il participe à la Libération de Paris, après avoir pris les armes en août 1944, à 18 ans. Valéry Giscard d'Estaing, qui s’engage dans l’armée, est élevé au grade de brigadier et s’engage jusqu’à la capitulation allemande en 1945. Il sera d’ailleurs décoré de la croix de guerre.

De retour à Louis-Le-Grand, il est reçu au concours de Polytechnique en juillet 1946 et en sort en juin 1948 pour ensuite intégrer l’École nationale d’administration (ENA) en 1949. S’il est élu en tant que député en 1958 dans le Puy-de-Dôme, il rentre pour la première fois au gouvernement en 1959, en tant que secrétaire d’État aux Finances, sous la première présidence de Charles De Gaulle. "VGE" devient ensuite ministre des Finances et des Affaires économiques, de 1962 à 1966, avant de se voir confier le ministère de l'Économie et des Finances sous la présidence de Georges Pompidou en 1969.

Musée d'Orsay, Cité des sciences et de l'industrie, élection du maire de Paris... Un président "porteur d'une vision pour Paris" selon Anne Hidalgo

Elu à l’Elysée en 1974 face au candidat socialiste François Mitterrand, ce centriste devient alors le plus jeune président de la Vème République, à 48 ans (Emmanuel Macron a, lui, été depuis élu à l’âge de 39 ans, en 2017). Au cours de son mandat, sont menées d’importantes réformes pour les droits des femmes. Dans son hommage à l’ancien président, qui sera battu par François Mitterrand en 1981 après sept ans à l’Elysée, Anne Hidalgo salue d’ailleurs "la mémoire de cet Européen convaincu qui a résolument œuvré pour inscrire notre pays sur le chemin de la modernité et du progrès grâce à des avancées majeures comme l'autorisation de l'interruption volontaire de grossesse, l'abaissement de la majorité légale à 18 ans, l'instauration du divorce par consentement mutuel et la loi d'orientation en faveur des personnes handicapées".

[Valéry Giscard d'Estaing] a mis fin à une anomalie démocratique en permettant aux Parisiennes et aux Parisiens, en 1977, d'élire à nouveau leur maire au suffrage universel

Anne Hidalgo

"En confiant à Françoise Giroud le Secrétariat d'État à la condition féminine - instauré en lien avec Jacques Chirac - il a fait une place à part au combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes", note la maire PS de Paris. "Il a ainsi mis fin à une anomalie démocratique en permettant aux Parisiennes et aux Parisiens, en 1977, d'élire à nouveau leur maire au suffrage universel, ce qui n'était plus possible depuis 1871 et la Commune de Paris", poursuit Anne Hidalgo, faisant référence à la recréation de la fonction de "maire de Paris" avec la loi du 31 décembre 1975.

"Paris lui doit également le musée d'Orsay, inauguré par François Mitterrand, et dont la décision officielle de construction fut prise à son initiative à la fin des années 1970, tout comme la Cité des sciences et de l'industrie en lieu et place des anciens abattoirs de la Villette dans le 19e arrondissement", indique la maire de Paris. Et d’ajouter : "Porteur d'une vision pour Paris, il a été précurseur sur de nombreux projets. Dès son élection, il mit fin au projet de la voie expresse rive gauche, véritable autoroute au cœur de la capitale, et transforma en profondeur le projet des Halles en y réintroduisant la nature, par le biais d'un grand jardin en lieu et place d'un simple centre d'affaires." Parmi les autres hommages, la présidente de Région Valérie Pécresse (Libres!) souligne également plusieurs de ses réformes : "Il croyait en la France et en l’Europe. Il aimait la jeunesse & lui donna la majorité à 18 ans. Il défendit les droits des femmes. Il était cultivé, brillant, enraciné dans sa belle région d’Auvergne & passionné de politique jusqu’à son dernier souffle. Adieu Monsieur le Président."

RER, projet de voie express sur la rive gauche de la Seine... "VGE" et les transports franciliens

"VGE a redonné à Paris le pouvoir d’élire son Maire, préservé le cœur de Paris des voies express et initié la création de la Cité des Sciences & du Musée d’Orsay, déclare de son côté la maire du VIIe arrondissement Rachida Dati (LR). En reconnaissance, je demande à l’Etat que ce prestigieux établissement du 7e arrondissement porte désormais son nom !" À sa prise de fonction, "VGE" avait en effet enterré le projet de voie express sur la rive gauche de la Seine, imaginé par son prédécesseur Georges Pompidou. A noter d’ailleurs que la RATP a elle aussi rendu hommage à l’ancien président, avec une photo de l’inauguration, par Valéry Giscard d’Estaing, du RER le 8 décembre 1977."VGE", dont le dernier mandat sera celui de député du Puy-de-Dôme, entre 1997 et 2002, a longtemps vécu au 11, rue Benouville, sa résidence principale. L’ancien président, qui se retire en 2004 de la vie politique pour siéger au Conseil constitutionnel, au 2 rue de Montpensier, est par ailleurs élu en 2003 à l'Académie française, qui siège à l'Institut de France, toujours à Paris.

Ces derniers mois, Valéry Giscard d'Estaing avait été hospitalisé plusieurs fois pour des problèmes cardiaques. "Son état de santé s'était dégradé et il est décédé des suites du Covid-19", a précisé sa famille dans un communiqué.
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