Municipales : la participation en forte baisse en Île-de-France et à Paris

Les Franciliens se sont bien déplacés pour ces élections municipales mais en nombre moins important qu'en 2014. Ces élections se déroulent dans un contexte inédit de propagation du coronavirus.
© LUDOVIC MARIN / AFP
Vers une abstention record en Île-de-France comme dans l'Hexagone. Dans certains départements, à 17h, la participation a déjà chutée de moitié. Les Franciliens ont ainsi massivement renoncé dimanche à se rendre aux urnes pour les municipales dans un pays mis à l'arrêt par la pandémie de coronavirus.

Les électeurs ont jusqu'à 20h pour s'y rendre dans les plus grandes villes. Mais la participation (38,77%), en baisse de 16 points à 17h, par rapport à 2014, laisse présager un scrutin historique en termes d'abstention.

En Île-de-France, la participation était de 33,94% à 17h, contre 43,18% en 2014. Mais selon les départements, la participation a plus ou moins chutée. En Essonne, à 17h toujours, elle était de 26,41% contre 51,90% en 2014. Dans le Val-de-Marne, la participation a également chuté : de 29,42% alors qu'elle était de 43,40% en 2014. Dans le Val d'Oise, elle était de 34,77% à 17h contre 42,51% en 2014. En revanche, dans d'autres départements, la participation était moins impactée. C'est le cas de Paris : 32,96% à 17h contre 39,57% auparavant ou la Seine-et-Marne : 43,42% contre 50,02% en 2014) ou encore la Seine-Saint-Denis : 26,27% contre 35,72% en 2014.  

La situation dans les foyers de contamination

L'Oise, l'un des premiers foyers de contamination du territoire, a vu la participation perdre près de dix points (41,25% contre 59,21% il y a six ans) et le Bas-Rhin, autre foyer de l'épidémie, chute de 20 points.

Le Nord enregistre 21,5 points de moins de participation et les Bouches-du-Rhône plus de 24 points de moins qu'en 2014.

"Nous sommes en route pour perdre quasiment 20 points de participation par rapport à 2014. On devrait terminer vers 45/46% de participation", a estimé le directeur d'OpinionWay, Bruno Jeanbart.

Ces chiffres historiques pour les municipales relancent inévitablement les questions sur le choix de maintenir ce premier tour, voire le second. Mais aussi sur la "sincérité" du scrutin si moins d'un Français sur deux aura voté pour leur prochain maire.
 

Incertitudes sur le 2e tour

Une forte interrogation pèse aussi sur la possibilité de tenir le second tour, dimanche prochain, dans un pays où l'épidémie (91 morts samedi soir) n'en est qu'à ses débuts, selon tous les spécialistes. Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a estimé dimanche que le virus toucherait "probablement" plus de la moitié de la population française.

Selon le constitutionnaliste Didier Maus, interrogé par l'AFP, un report du second tour conduirait à annuler le résultat du premier tour, et obligerait les électeurs à revoter pour les deux tours.

Face à une situation qui ne s'est encore jamais présentée, l'incertitude des experts demeure pour le cas des nombreuses communes, notamment les plus petites, qui auront élu leur conseil municipal dès le premier tour ce dimanche.

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