"Nous sommes sur des terres agricoles, auprès d'une forêt domaniale protégée" : à Noiseau, personne ne veut du projet de prison de l'Etat

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Reportage d'Aude Blacher et Annaëlle Blanchard / Montage : M.Kassou ©France 3 PIDF

Le maire de Noiseau dans le Val-de-Marne dénonce le projet de construction d'une prison sur sa commune. L'Etat vient de lancer une procédure pour qualifier ce projet "d'intérêt général". Une enquête publique a été lancée hier.

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C'est sur une vingtaine de terres agricoles situées en bordure de forêt que doit être construit le futur centre pénitentiaire de 800 places. Un projet annoncé il y a six ans mais toujours très loin de faire l'unanimité parmi les 4 700 habitants de Noiseau (Val-de-Marne).

"Il y a des communes qui sont candidates pour accueillir des prisons donc pourquoi l'imposer sur des terres agricoles cultivées ?", se demande Aurore Munoz, vice-présidente de l'association pour la préservation du cadre de vie à Noiseau. "Tant que la première pierre n'est pas posée, rien n'est fait et toutes les voies légales seront utilisées. Par l'association, on collecte des dons pour prendre un avocat spécialisé donc non, la prison ne se fera pas", assène Leslie Valin-Denig, présidente de l'association.

La mairie s'organise contre le projet

Une opposition qui s'affiche sur les murs de la ville, jusque sur les façades de maison alors que l'Etat vient de lancer un projet d'intérêt général. Une disposition qui devrait lui permettre d'imposer cette construction de prison aux collectivités locales.

On se retrouve devant le fait accompli, il n'y a jamais eu de concertation et le site n'est vraiment pas adapté à la construction d'une prison.

Yvan Femel, maire (LR) de Noiseau

Un passage en force dénoncé par le maire de Noiseau qui a décidé de lancer la riposte à coups de panneaux géants. "On se retrouve devant le fait accompli, il n'y a jamais eu de concertation et le site n'est vraiment pas adapté à la construction d'une prison. Nous sommes sur des terres agricoles, auprès d'une forêt domaniale protégée et pour couronner le tout, nous n'avons pas de moyens de transport. À Noiseau, il n'y a pas de RER, il n'y a pas de métro et il n'y a qu'une seule ligne de bus", souligne Yvan Femel, maire (LR) de Noiseau.

Pour permettre aux habitants de s'exprimer sur ce dossier qui fait couler tant d'encre, la préfecture a mis en place une consultation accessible en ligne et à la mairie durant un mois. Une réunion publique est prévue le 18 mars, les travaux de la prison pourraient commencer dès l'année prochaine.