Paris – Le fondateur d'Urgence Homophobie agressé à la sortie d'un restaurant

Hommage à Paris aux victimes de l'attentat dans une boîte de nuit à Orlando (Etats-Unis) en 2016. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Hommage à Paris aux victimes de l'attentat dans une boîte de nuit à Orlando (Etats-Unis) en 2016. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Le président et fondateur de l'association Urgence Homophobie a posté sur les réseaux sociaux une photo de lui après avoir été agressé dans la rue, mardi 16 octobre.

Par Marc Taubert

"Ce soir, c'est mon tour" peut-on lire en légende d'une photo où on voit le visage tuméfié de Guillaume Mélanie, président d'Urgence Homophobie.
Il raconte avoir été agressé à la sortie d'un restaurant dans le centre de Paris où il a eu le "nez cassé". "On sortait du restaurant avec des amis, on fêtait le titre de séjour d'un de nos réfugiés et en sortant, le temps qu'on se dise au revoir on gênait le passage. Et un monsieur qui a dû voir qu'on était gay, ça ne lui a pas plus", rapporte BFM Paris, qui l'a interrogé.
 

Des précédents à Paris

Plusieurs agressions homophobes ont été médiatisées récemment. Il en est d'un jeune comédien tabassé en septembre dernier dans le quartier de Belleville (Paris 19e).
Le jeune homme avait choisi de témoigner de son agression sur les réseaux sociaux. "Hier soir, avec mon copain, nous sommes allés voir jouer une amie et collègue comédienne dans un petit théâtre du XXème arrondissement de Paris. Alors que nous sortions prendre l'air et attendre notre amie, nous avons eu le malheur, en discutant, de nous serrer dans les bras. Un câlin. Juste un câlin", en légende d'une photo postée sur Instagram.
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Je savais qu'un jour ça m'arriverait. Une agression homophobe violente en pleine rue. Je savais qu'un jour je devrais faire ce choix : prendre une photo et la publier ou ne pas la publier. Avec les conséquences que cela aura dans les deux cas. Je ne savais juste pas quand cela aurait lieu. C'est donc aujourd'hui. -- Hier soir, avec mon copain, nous sommes allés voir jouer une amie et collègue comédienne dans un petit théâtre du 20ème arrondissement de Paris. Alors que nous sortions prendre l'air et attendre notre amie, nous avons eu le malheur, en discutant, de nous serrer dans les bras. Un câlin. Juste un câlin. Il était 22h00. Un groupe de trois jeunes, postés à une vingtaine de mètres, nous a vus. Ils nous ont interpellés. Comme nous les avons ignorés, ils se sont rapprochés. Un flot d'insultes homophobes sortait de leurs bouches. Ils exigeaient que nous quittions "leur quartier" où "y a pas de PD ici". Comme nous avons refusé de partir, les insultes sont devenues plus graves, plus haineuses. Puis un quatrième les a rejoints. Un gamin qui paraît avoir douze ans. Et c'est lui qui a appelé des renforts. Un scooter avec notre cinquième et sixième agresseurs. Insultes, bousculades, menaces. On ne cède pas. Le chauffeur du scooter détache son casque, le retire, et me frappe avec. Deux coups portés à la tête. Tout va très vite. Les spectateurs du théâtre voient la scène, arrivent en courrant, les font partir et nous mettent à l'abri. Mon copain n'a rien, fort heureusement. Pour moi un traumatisme facial, avec ecchymose et oedeme periorbitaire. 7 points de sutures et plusieurs jours d'ITT. --- Voilà. Nous avons fait le choix de partager cette photo et notre histoire. Nous avons fait le choix de porter plainte. Pour que ces violences cessent enfin, même si nous ne nous faisons pas d'illusions...

Une publication partagée par Arnaud Gagnoud (@arnaudgagnoud) le

Plus récemment, début octobre, un couple d'hommes qui s'embrassaient dans la rue dans le même arrondissement de Paris s'est fait violemment frapper. Un homme avait été interpellé.
 

"Sursaut collectif"

La maire de Paris, Anne Hidalgo, "appelle à un sursaut collectif" et annoncer mobiliser un groupe de travail.
Le député de Paris AGIR, Pierre-Yves Bournazel, est lui intervenu à l'Assemblée nationale et a rappelé que Paris était "la capitale de l'ouverture et de la tolérance" et fermement dénoncé ces agressions.
Parmi les nombreux soutiens de Guillaume Mélanie, Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, qui dénonce un "déchaînement  d'homophobie […] monstrueux" ou encore celui de l'ancien bras droit de la maire de la capitale, Bruno Julliard, qui appelle à "une mobilisation générale".
Des personnalités politiques comme Benjamin Griveaux, Benoît Hamon ou Jean-Luc Roméro lui ont également apporté leur soutien.
 

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