A Paris, la “bataille des kiosques à journaux”

© PhotoPQR/LeParisien/MaxPPP
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Touche pas à mon kiosque ! 11 000 personnes ont signé la pétition adressée à Anne Hidalgo, la maire de Paris, pour s'opposer au projet de remplacement des kiosques à journaux parisiens de la mairie de Paris. Diable, de quoi s'agit-il donc ?

Par Christian Meyze

La Ville de Paris veut remplacer les quelque 360 kiosques parisiens, dont le modèle haussmannien a été conçu par l'architecte Gabriel Davioud (1823-1881), par un modèle "innovant" sans frise ni petit dôme sur le toit. Une volonté de rénovation donc et de modernisation.

Mais comme presque toujours depuis quelques années, à chaque fois qu'il est question de modifier, de remplacer quelque chose d'existant à Paris par autre chose, il y a une levée de boucliers. Tout se passe comme s'il était devenu impossible de toucher à quoi que ce soit de Paris, comme si la ville devait une fois pour toute rester immobile, immuable dans son image actuelle.

Une parisienne a donc lancé, comme il se doit, une pétition via "change.org", au nom du patrimoine et du "charme de Paris". Au nom de "l'intégrité de la ville et de l'image de Paris". Et 11 000 personnes à ce jour ont signé la pétition. Sans d'ailleurs connaître le projet de nouveaux kiosques de la mairie.

Le projet est "puéril et contribue encore et toujours à banaliser Paris sans réelle justification fonctionnelle", dit le vice-président de la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF), Julien Lacaze. Et les opposants au projet municipal ne manquent pas : L'association SOS Paris estime, elle aussi, que les kiosques haussmanniens existants "sont en tout point supérieurs, par leur aspect traditionnel, aux constructions parfaitement banales qui nous sont aujourd'hui proposées".

Pour Michel Carmona, spécialiste reconnu du Paris haussmannien. "les kiosques à journaux font partie du petit patrimoine qui donne son cachet à Paris et ce paysage a été conçu comme un tout à l'époque de Haussmann: bâtiments, chaussée, trottoirs, marronniers, bancs publics, fontaines et kiosques".

Reste que le principal problème des kiosques à journaux n'est pas celui de leur architecture, de leur apparence. Le problème des kiosques et des kiosquiers, dont beaucoup ont mis la clef sous la porte depuis déja plusieurs années (beaucoup de ces kiosques restent désormais définitivement fermés), c'est que nous n'achetons plus de journaux, ou plus suffisamment. Les journaux gratuits et le web sont passés par là et ont donné d'autres habitudes. Mais de cela, il n'est pas question dans la pétition ou dans les arguments avancés par les opposants au projet.

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