Paris: Marche de solidarité aux migrants malgré l’interdiction de la préfecture de police

C’est la première manifestation à Paris depuis le déconfinement et ils sont des centaines à avoir répondu à l’appel d'un collectif pour une" Marche des solidarités" envers les migrants, malgré l’interdiction de la préfecture de police.

La Marche des solidarités se tient malgré l'interdiction par la préfecture de police
La Marche des solidarités se tient malgré l'interdiction par la préfecture de police © capture d'écran twitter @Brice Ivanovic

Malgré l'interdiction, ils sont près d'un millier à avoir répondu présent cet après-midi et à défiler dans les rues parisiennes. Partis de la place de la Madeleine, les manifestants rejoignent la place de la République puis le boulevard Magenta.
 
 

"Une bombe sanitaire"

La "Marche des solidarités" a été lancée par plusieurs organisations d'aides aux migrants. Un appel qui a été relayé par Médiapart et signé par 210 collectifs, syndicats, Gilets jaunes, associations féministes ou de défense des libertés publiques et des personnalités. Son objectif : dénoncer les conditions de vie des migrants fragilisées par l'épidémie de coronavirus. "Nous sommes là pour rendre visible les invisibles, les sans-papier qui sont ceux qui souffrent le plus de cette crise sanitaire car ils vivent dans des foyers surpeuplés dans lesquels la distanciation sociale, l'hygiène ne sont pas compatibles avec les règles sanitaires pour lutter contre le coronavirus", a expliqué à l'AFP Benoit Clément, de Solidaires Paris.

"Dans les foyers surpeuplés et abandonnés, aucune distanciation physique n'est possible. Le virus risque de se propager sans frein. C'est aussi le cas dans les centres de rétention, et à cela s'ajoutent la violence répressive et l'angoisse. Pour les migrantEs à la rue, c'est la faim, l’insécurité sociale et sanitaire" dénoncent les signataires de l'appel.

Des mesures d’urgence sont réclamées comme la distribution de masques, de gel hydroalcoolique dans les foyers, la fermeture des centres de rétention, la régularisation des sans-papiers, la multiplication des tests de dépistage dans les foyers de migrants.

Manifestation interdite par la police


Le parcours de la manifestation a été déposé en préfecture de police mais interdit mercredi 27 mai ,"en vue de prévenir la propagation du virus covid-19" affirme la préfecture. "Les risques sanitaires qu'un tel événement est susceptible de générer, justifient que le préfet de police, n'autorise pas, à titre dérogatoire, cette manifestation", a expliqué la préfecture de police de Paris dans un communiqué. 

En réponse à cette interdiction, le collectif a déposé un référé liberté devant le Tribunal Administratif.
"Car s’il s’agit de prévenir la propagation du virus, nous exigeons des autorités qu’elles régularisent les Sans-Papiers et MigrantEs, qu’elles ferment les Centres de Rétention, qu’elles donnent accès à des logements décents à toutes celles et tous ceux qui sont à la rue, papiers ou pas", affirme t-il dans un article de Médiapart. 

La "Marche des Solidarités" demande aux autorités qu’elles laissent la manifestation se tenir sur l’espace le plus large possible pour permettre le respect des distances sanitaires.

La manifestation s'est déroulée dans le calme même si les forces de l'ordre ont tenté d'empêcher le départ de la manifestation en utilisant des gaz lacrymogène. Les organisateurs appellent à une nouvelle marche le 20 juin.



 
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