Paris : des milliers de personnes à la manifestation pour les sans-papiers

Ce samedi 17 octobre, plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Paris avec les sans-papiers pour demander au gouvernement une vague de régularisations. 

La manifestation du 17 octobre était le troisième acte, après celles du 30 mai et du 20 juin.
La manifestation du 17 octobre était le troisième acte, après celles du 30 mai et du 20 juin. © Alain Jocard /AFP
Plusieurs milliers de manifestants ont défilé samedi à Paris aux côtés des sans-papiers, pour réclamer une vague de régularisation et un geste du gouvernement pour les travailleurs étrangers, en première ligne pendant la crise sanitaire.

"J'ai 42 ans, je ne mange pas tous les jours à ma faim parce que je ne peux pas travailler. Il faut que ça change, il faut que le gouvernement nous écoute", a plaidé dans le cortège Samba (prénom modifié), un Sénégalais.

La marche, soutenue par la Fédération des associations de solidarité avec tous les immigrés (Fasti), est partie vers 14 heures de la place de la République en direction de l'Eglise de la Sainte-Trinité dans le IXe arrondissement, a constaté un journaliste de l'AFP. Elle devait initialement se terminer devant l'Elysée, mais la Préfecture de police a interdit cet itinéraire lundi.
 
"Cet acte 3 a changé beaucoup de choses, car il a été très suivi. Si aujourd'hui une délégation n'est pas reçue par Macron, ça va continuer", estime Denis Godard, militant de Solidaires, annonçant un prochain "Acte 4". Les deux premières mobilisations avaient rassemblé plusieurs milliers de personnes à Paris, le 30 mai et le 20 juin.    

La fin de la "marche des solidarités"

Les organisateurs exigent, outre la régularisation des sans-papiers, la fermeture des centres de rétention administrative et un "logement pour tous". La manifestation de samedi est aussi le point d'arrivée de la "Marche des solidarités", un parcours de centaines de sans-papiers, qui ont pris le départ le 19 septembre de nombreuses villes de France comme Marseille, Montpellier ou Rennes. 
           
"Sur la route, ça s'est bien passé, on a été bien accueillis, sauf dans un village où on n'a pas pu dormir et on a dû passer la nuit dans la forêt", a témoigné Souleymane, Malien de 34 ans, parti le 2 octobre de Strasbourg. "Moi je travaille de temps en temps dans les restaurants, le bâtiment, le nettoyage, sous alias (avec les papiers de quelqu'un d'autre). Mais on est vraiment fatigués, parce que même pendant le confinement, qui a travaillé ? C'est nous. Et en plus, on est mal payés", a-t-il expliqué.
 
Le gouvernement a donné instruction aux préfets, mi-septembre, d'accélérer et faciliter la naturalisation des ressortissants étrangers qui se sont mobilisés "en première ligne" durant l'épidémie. On estime entre 300.000 et 600.000 le nombre d'immigrés en situation irrégulière en France.
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