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Paris : nouveau suicide d'un policier sur son lieu de travail

© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
© PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

C'est une véritable hécatombe. Le 29e suicide depuis le début de l'année. Ce matin, un policier de 25 ans s'est donné la mort dans les locaux de la direction de l'ordre public et de la circulation rue Albert à Paris.  

Par Aude Blacher

Un agent s'est donné la mort dans les locaux de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) ce jeudi rue Albert à Paris. Selon des confrères de France 3, ce jeune policier de 25 ans, habitant de Villejuif, était membre de l'unité d'éducation et d'information routière et il s'occupait d'opérations de sensibilisation dans les écoles et les salons.
C'est donc le 4e suicide de policiers en 5 jours. Et le 3e en Ile-de-France depuis dix jours. Une veritable hécatombe comme le montre cette carte, mise en ligne par une association de femmes de policiers.
Dimanche 14 avril, un autre jeune policier de la même unité, la DOPC, s'était déjà suicidé. Le 7 avril, une fonctionnaire de 37 ans du commissariat de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) s'était également donnée la mort dans sa voiture avec son arme de service. A cette liste s'ajoute le suicide d'un policier à Nézel (Yvelines) le 15 mars dernier et celui d'un policier de la Brigade anti criminalité (BAC) de l'Haÿ-les-Roses le 15 janvier. Un triste décompte quotidiennement mis à jour par l'association Mobilisation des policiers en colère et de son président Guillaume Lebeau.
Joint par téléphone, le président de cette association fait part de son effarement. 

On va aller jusqu'où ? Nous en sommes déjà à 29 suicides en un seul trimestre contre 35 pour toute l'année dernière ! Pour nous, cela fait longtemps que ça va mal et on a l'impression que tout le monde s'en fout !


Pourtant, le 12 avril, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait annoncé la création d'une "cellule alerte prévention suicide" pour la police nationale. Il estimait alors que ces suicides n'étaient pas une "fatalité" et il avait promis de mettre les "bouchées doubles" pour lutter contre ces situations. "C'est bien, on applaudit cette initiative. Tout est bon à prendre ! Mais encore une fois, on va traiter le mal une fois qu'il est fait", déplore Guillaume Lebeau. Parmi les demandes des policiers pour prévenir le mal-être dans leur profession, il y a notamment la mise en place d'un cycle horaire plus adapté, compatible avec une vie de famille. Mais aussi un suivi médical et psychologique plus rigoureux ou encore un système de mutation "transparent". "En Ile-de-France, c'est l'une des principales difficultés que l'on rencontre. La plupart des policiers ne sont pas d'ici et aimeraient repartir après quelques années. Mais c'est bloqué."

De leur côté, les syndicats de Police, ont prévu de se rassembler vendredi, à 11 heures, devant l'Hôtel Lumière, dans le 12 e arrondissement, pour exprimer leur peine et leur colère. 
 

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