Passage aux 30km/h dans Paris : le prix des courses de taxi pourrait augmenter

Depuis lundi, la presque totalité des rues de Paris sont limitées à 30 km/h. Cette mesure pourrait avoir comme effet collatéral de faire augmenter le prix des courses de taxi en raison du compteur horokilométrique.

Les usagers le savent bien, quand le taxi est à l'arrêt, le compteur tourne toujours. La raison se trouve dans le système adopté par les taxis parisiens : le compteur horokilométrique. Ce compteur bascule automatiquement sur le tarif horaire au lieu du tarif kilométrique lorsque le taxi est à l'arrêt ou en marche lente. En somme, dès que les taxis roulent à 30 km/h ou moins, les clients sont facturés à la minute et non plus au trajet.

"C'est à dire qu'il y a un prix au kilomètre et un prix à l'attente", pour prendre en compte le trafic, a précisé Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, lui-même ancien chauffeur taxi. Ces tarifs sont fixés chaque année par arrêté ministériel.

"C'est vrai que si jamais le taxi roule longtemps, lentement, automatiquement la course va augmenter", a-t-il poursuivit lundi sur RTL.

Pas de changement si le trafic est plus fluide

Mais cette sentence n'est pas si évidente. D'après les premiers calculs de l'Union nationale des taxis, si la circulation dans la capitale se fluidifie, "il n'y aura pas d'augmentation du tarif de la course, le client ne payera pas plus cher", assure Mouhssine Berrada, président de l'Union nationale des taxis Paris.

"Mais si la situation demeure difficile et qu'on met plus de temps à prendre en charge la clientèle, on va demander à l'intersyndicale d'entrer en contact avec la Mairie de Paris", explique M. Berrada.

Il cite également le cas des courses entre les aéroports d'Orly et Roissy et Paris intramuros : les tarifs sont et restent forfaitaires, même si les taxis sont plus lents.

David Belliard adjoint (EELV) de la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, s'exprimant lundi sur franceinfo, a reconnu l'impact sur les chauffeurs de taxi : "Nous allons les rencontrer et nous porterons auprès de l'organisme de tutelle, le ministère des Transports notamment, des propositions pour modifier les modes de calcul. Nous allons en discuter avec eux de façon à ce que tout le monde puisse s'y retrouver".

Des voies restent limitées à 50 km/h

David Belliard a indiqué qu'il s'agissait avant tout d'une "mesure pour la sécurité". Il a ainsi rappelé que Paris avait déjà "60% de son territoire limité à 30 km/h" et promis que la mesure allait "assurer la sécurité des plus vulnérables, les piétons et les cyclistes. Il faut rappeler que l'écrasante majorité des accidents graves ou mortels à Paris sont liés à des automobiles ou à des poids lourds".

Autre bénéfice de la mesure selon l'élu : le gain en bruit et de lutte contre les nuisances sonores. Par ailleurs, certaines voies gardent leurs anciennes limitations : le boulevard périphérique reste limité à 70 km/h, les boulevards de ceinture dits "des maréchaux", deux portions des quais de Seine, certaines voies des bois de Boulogne et Vincennes, quelques grands axes de l'ouest parisien (Champs-Elysées, Foch, Grande Armée, rue Royale), du XIIe (est) et du XIVe (sud) sont eux, toujours limités à 50 km/h, même si l'équipe de David Belliard espère "rouvrir les discussions" ultérieurement avec la préfecture.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
taxi économie transports circulation