Prisme7, le premier jeu vidéo du Centre Pompidou : "C'est un média qui est capable de parler de tout"

Le Centre Pompidou a lancé son premier jeu vidéo, Prisme7, disponible gratuitement depuis vendredi dernier. Un titre à la fois ludique et pédagogique qui permet d’explorer une sélection de 40 œuvres du Musée national d'art moderne.

Les fameux tuyaux de Beaubourg, représentés dans Prisme7.
Les fameux tuyaux de Beaubourg, représentés dans Prisme7. © Centre Pompidou
Le Rhinocéros de Xavier Veilhan, Big Electric Chair d’Andy Warhol ou encore les fameux tuyaux du Centre Pompidou imaginés par les architectes Renzo Piano et Richard Rogers, tous modélisés dans un univers numérique à la fois "artistique et poétique". L’institution parisienne a en effet lancé vendredi 24 avril dernier Prisme7, son premier jeu vidéo. Accessible en ligne gratuitement à partir de 12 ans, ce jeu de plateforme invite à découvrir les plus grandes œuvres du Musée national d'art moderne.

L’idée est de faire découvrir des notions autour de la couleur, la lumière et l’art moderne et contemporain

En jeu, on prend la main sur un personnage représenté par une entité de molécules lumineuses pour parcourir – après un niveau d’introduction – une série de six autres univers. Picasso, Matisse, Soulages… On peut ainsi interagir avec une sélection de 40 œuvres emblématiques issues de la collection du Centre Pompidou. Développé par Bright et Game in Society, une agence de conception et de production de jeux vidéo centrée sur la médiation culturelle, artistique et scientifique auprès du grand public, le titre s’inspire dans son esthétique d’artistes comme Kandinsky, Gérard Fromanger ou encore Niki de Saint Phalle."C’est un jeu d’aventure, d’énigme et d’exploration, explique Olivier Mauco, président de Game In Society, par ailleurs docteur en sciences politiques et enseignant à Sciences Po Paris, en game design notamment. L’idée est de faire découvrir des notions autour de la couleur, la lumière et plus largement l’art moderne et contemporain, en retraçant les approches des artistes autour de ces thématiques. On aborde par exemple l’aspect émotionnel de la couleur mais aussi sa dimension fonctionnelle, avec le principe des codes couleur qu’on retrouve avec les tuyaux du Centre." A Beaubourg, le bleu représente en effet les circulations d’air avec la climatisation, le jaune les circulations électriques, le vert la circulation d’eau et le rouge la circulation des personnes avec les escalators et les ascenseurs.
L’un des niveaux de Prisme7.
L’un des niveaux de Prisme7. © Centre Pompidou
A travers ses mécaniques, et les actions que le joueur effectue, Prisme7 se penche aussi sur des caractéristiques plastiques comme l’ombre portée ou la composition en miroir. Pour ce qui est de la direction artistique du titre, Olivier Mauco explique que "l’idée n’était pas de créer un personnage classique de jeu vidéo, humanoïde". D’où une dimension abstraite : "On laisse le joueur explorer les niveaux avec cette molécule créatrice, comme une projection du geste de l’artiste. On a pris des notes pour tenter de comprendre la démarche derrière les œuvres, et on a travaillé sur une réinterprétation artistique numérique. C’est une hybridation entre ces créations et les codes du jeu vidéo."

Un outil pour faire découvrir les collections à un public différent

Du côté du Centre Pompidou, le projet vise à faire découvrir les collections "de la façon la plus interactive possible", en touchant aussi un public parfois différent de celui qui fréquente d'habitude l’institution. "Les jeux vidéo représentent une part importante de l’industrie culturelle, détaille Patrice Chazottes, directeur adjoint des publics en charge de la médiation. C’est un gros secteur d’activité avec un public jeune mais pas que, il y a aussi beaucoup d’adultes. Pour nous, c’est un outil éducatif, ludique et créatif, qui peut permettre au public de rencontrer l’art moderne et contemporain tout en jouant et en apprenant."
Le jeu a été développé en neuf mois, avec une équipe d’une dizaine de personnes.
Le jeu a été développé en neuf mois, avec une équipe d’une dizaine de personnes. © Centre Pompidou
Le titre a beau sortir en pleine crise sanitaire, le projet avait bien entendu été lancé depuis longtemps. Le développement a ainsi pris neuf mois, avec une équipe composée d’une dizaine de professionnels, selon Olivier Mauco. "On avait prévu de publier le jeu à cette date bien avant le confinement, et on a décidé de la maintenir, raconte Patrice Chazottes. C’est un moment intéressant pour faire découvrir nos collections, les gens ont peut-être plus de temps chez eux, et ça permet de maintenir un lien entre le public et l’art alors que le Centre Pompidou est fermé."

Le jeu vidéo est un média qui est capable de parler de tout

A noter d’ailleurs que si Prisme7 n’est pas un "serious game" et que le titre s’adresse au grand public, un guide spécifique a été développé pour les enseignants, par exemple pour animer par des ateliers sur l’art. Derrière Prisme7, Olivier Mauco souligne enfin "une vraie volonté de sortir le jeu vidéo de ses réflexes, de sa zone de confort" : "Le jeu vidéo est un média qui est capable de parler de tout, et donc de sujets compliqués comme l’art contemporain, et ça nous tenait à cœur. Il n’y a pas que des jeux de tir."
Le titre est disponible depuis le vendredi 24 avril.
Le titre est disponible depuis le vendredi 24 avril. © Centre Pompidou
Prisme7 est disponible en anglais et en français juste ici (le jeu est conçu à la fois sur mobile (IOS/Android) et ordinateur (PC/Mac)).
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