Un rassemblement dégénère en affrontement près de l'Assemblée nationale

Il s'agissait de contester l’article 24, qualifié de controversé, de la proposition de loi sur la « sécurité globale ».

Des manifestants contre la proposition de loi « sécurité globale » à Paris près de l'Assemblée nationale le 17 novembre 2020. AFP
Des manifestants contre la proposition de loi « sécurité globale » à Paris près de l'Assemblée nationale le 17 novembre 2020. AFP
Situation tendue hier soir dans le quartier de l’Assemblée nationale. Des heurts ont éclaté entre les forces de l’ordre et des centaines de personnes à la fin d’un rassemblement contre la proposition de loi sur la « sécurité globale », actuellement débattue au Parlement et portée par le groupe LREM et son allié, le groupe Agir. 

Il s'agissait surtout de contester l’article 24 de cette loi. Celui-ci prévoit de pénaliser d'un an de prison et 45 000 euros d'amende la diffusion de « l'image du visage ou tout autre élément d'identification » d'un policier ou d'un gendarme en intervention, lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

Les syndicats de journalistes – qui ont appelé au rassemblement d'hier aux côtés de la Ligue des droits de l'homme, d'Amnesty International et d'autres organisations comme Reporters sans frontières – estiment que ce texte revient de fait à interdire aux journalistes et aux citoyens de filmer les policiers en action et empêcherait, par exemple, de documenter les violences policières et porterait atteinte à la liberté d'informer. Des Gilets jaunes – dont le mouvement fêtait ses deux ans hier – étaient également présents devant l'Assemblée nationale.

Pris à partie

La manifestation avait pourtant débuté vers 18h dans un certain calme. C’est vers 19h que des tensions ont commencé à naître, lorsque ce qui restait du rassemblement s’est transformé en « manifestation sauvage ».

Les policiers ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes pour disperser ces manifestants, parmi lesquels figuraient de nombreux jeunes qui ont détruit du mobilier urbain.
 
Un groupe de gendarmes a également été pris à partie par des manifestants. Selon "Actu Paris", alors qu’ils progressaient pour libérer le chemin aux pompiers, une partie d’entre eux se retrouve isolé dans un hall d’immeuble. Assiégés, ils ont été insultés et ont reçu un gros pétard. Ils ont répliqué avec du gaz lacrymogène.
 
Plusieurs personnes ont été interpelées. 

Vers 21h30 les derniers manifestants avaient quitté les abords de l'Assemblée nationale. Le calme était revenu.

Des rassemblements ont également eu lieu dans d’autres villes de France, comme à Lyon, Bordeaux, Rennes ou Grenoble.
 
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