Salon des lanceurs d'alerte : “Ils vous pourrissent votre vie, c'est un combat permanent”

Nicolas Forissier, ancien cadre de la banque UBS et lanceur d'alertes, en 2013 à Paris. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN
Nicolas Forissier, ancien cadre de la banque UBS et lanceur d'alertes, en 2013 à Paris. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN

Le pot de terre contre le pot de fer. Le 4e salon du livre dédié aux lanceurs d'alerte à Paris met en avant ces personnes qui choisissent de révéler les turpitudes de leur entreprise.

Par Isabelle Dupont avec MT

Il n'a pas hésité à dénoncer son entreprise. Pendant 8 ans, Nicolas Forissier à travailler à la banque suisse UBS comme directeur opérationnel. Il découvre un vaste système d'évasion fiscale pour des clients fortunés et fait éclater le scandale. Il connaît ensuite parfaitement la solitude des lanceurs d'alerte :

"C'est un homme contre une industrie, une banque avec 60.000 collaborateurs, 12 milliards de résultat net par an, des armées d'avocats, les meilleurs du monde, qui travaillent pour vous au compteur. C'est tous les recours possibles pour vous fatiguer, vous user. Ce sont des diffamations bidon dont la banque se retire discrètement pour ne pas éveiller les soupçons de la presse. C'est vous pourrir votre vie, c'est un combat permanent."
 

De simples citoyens

Ce combat, James Dunn, ancien salarié de Qosmos, est en train d'en faire un livre. Pour avoir révélé comment son ancienne entreprise travaillait pour le régime syrien, il a été licencié, épuisé et ruiné par des années de procédure. "Le fait de lancer une alerte, par conviction, par éthique ou par valeur, met souvent nos concitoyens dans des situations intenables", raconte-t-il.

Ce salon met à l'honneur celles et ceux qui ont osé dénoncer les dérives, agissant souvent comme de simples citoyens.
"L'alerte n'est pas quelque chose d'inaccessible, mais c'est au contraire, l'exercice d'un droit fondamental de la citoyenneté, ce qui veut dire que l'on est libre d'informer, de publier une information, mais on doit toujours le faire en pleine responsabilité", affirme Daniel Ibanez, organisateur du salon Des livres et l'alerte.

Une maison des lanceurs d'alerte vient d'ouvrir à Paris pour soutenir ceux qui osent briser la loi du silence.
 

S'y rendre :

Le salon Des livres et l’alerte, jusqu'au dimanche 18 novembre.
Entrée Libre et Gratuite
A la Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris
Métro : Couronnes (ligne 2) ou Parmentier (ligne 3).

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