Un stade du PSG en grande banlieue : info ou intox ?

Après l'appel lancé par la présidente de la région Ile-de-France, la ville d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis s'est déclarée prête à accueillir le nouveau stade du Paris Saint Germain. Ce n'est pas le seul site envisagé. Le club qui veut quitter le Parc des Princes, pourra-t-il jouer en dehors de la capitale ?

La réponse de la ville d'Aulnay-sous-Bois et de son maire LR Bruno Beschizza ne s'est pas faite attendre. L'édile a communiqué sur son réseau social son intérêt pour le nouveau stade du Paris Saint Germain. Sur l'immense friche industrielle laissée par les anciennes usines PSA, cinquante hectares pourraient devenir le nouveau temple du football parisien. Espace, accessibilité, le site aurait donc "tous les atouts".

Le 25 janvier dernier, Jean-Michel Fourgous, président LR de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines annonçait un "projet exceptionnel" avec le PSG. Contacté, il affirme que "Depuis un an, alors que le dialogue est quasiment rompu avec la mairie de Paris, des discussions avec des représentants du club sont en cours. Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu." Il précise, "Beaucoup de communes savaient déjà que le PSG cherchait."

Un nouveau stade pour le PSG : est-ce bien une compétence de la région ?

La rupture entre les propriétaires qatari du Paris Saint Germain et la mairie de Paris semble bel et bien consommée. Du côté de la mairie de Paris, on multiplie pourtant les appels au club à rester dans la capitale. Pendant ce temps Valérie Pécresse prend la main sur ce dossier. Une manœuvre peu appréciée par l'exécutif parisien si l'on en croit les échanges révélés par nos confrères de France Bleu Paris. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, s'adressait à la présidente de la région en ces termes : "Si tu crois que le PSG doit rester au Parc des Princes, tu peux nous aider plutôt que nous tirer dans le dos."

Céline Malaisé, présidente de La Gauche communiste, écologiste et citoyenne au Conseil Régional, considère que "cet appel de la présidente, qui agit un peu comme une VRP, est surprenant alors que l'idée serait plutôt de savoir comment on fait en mettant tout le monde autour de la table." Ce qui interpelle cette élue de l'opposition, "c'est cette interférence dans des négociations entre la mairie de Paris et le PSG. Une interférence politique au lieu d'œuvrer pour les supporters et le club parisien." Céline Malaisé ajoute "J'espère que ce n'est pas un nouvel épisode dans l'opposition entre Valérie Pécresse et Anne Hidalgo mais je n'en suis pas sûre."

La présidente de la région agit comme un agent immobilier

Céline Malaisé, présidente du groupe La Gauche communiste, écologiste et citoyenne

Aurélie Taquillain, présidente du groupe d'opposition Renaissance au Conseil régional, salue cette initiative : "Même si ce n'est pas une compétence directe de la région, ce n'est pas choquant que la présidente cherche une solution. Le PSG est un grand club, qui porte avec lui toute l'image de l'Île-de-France, et c'est bien le conseil régional qui est responsable de l'aménagement de notre territoire." Pour celle qui est aussi membre du conseil d'administration de l'EPFIF - établissement en charge du foncier en Ile-de-France - Valérie Pécresse est dans son rôle : "c'est conforme à la défense de l'intérêt sportif, économique de notre région."

Le PSG pourra-t-il jouer dans un stade situé en banlieue ?

Depuis que le départ du PSG du Parc des Princes est envisagé, les différentes pistes évoquées mènent hors de la capitale : le Stade de France à Saint-Denis a été un temps envisagé, il y a aussi Montigny-le-Bretonneux dans les Yvelines, ou encore l'hippodrome de Saint-Cloud dans les Hauts-de-Seine. Et puis il y a le projet de Saint-Quentin-en-Yvelines. Au nord de la base de loisirs, cinquante hectares là aussi seraient disponibles. Le président de la communauté d'agglomération, Jean-Michel Fourgous, vante les nombreux avantages : proximité de la capitale par la route ou les transports, l'expérience en matière d'événements de grande ampleur. L'annonce de la candidature de la ville d'Aulnay-sous-Bois ne semble pas le surprendre, l'initiative de Valérie Pécresse non plus : "C'est la règle, la présidente de la région est obligée de regarder dans tous les départements. En termes de procédure, il faut être démocratique. C'est le jeu de la concurrence, je comprends. Une autre ville peut avoir une autre proposition et un meilleur projet."

Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 16 mars. Pour certains le délai est un peu court dans un dossier si complexe. On ne sait pas comment les postulants seront finalement sélectionnés. Si un nouveau stade de 60 000 places devait sortir de terre, il faudrait encore attendre 5 à 6 ans pour qu'il soit réalisé. Pour l'instant, certains supporters ne sont pas prêts à voir le club jouer en dehors de la capitale. Le PSG est engagé jusqu'à fin 2043 avec la mairie de Paris, toujours propriétaire du Parc des Princes.