Une "forêt urbaine" à Montparnasse et 170 000 arbres supplémentaires plantés à Paris avant 2026

La première "forêt urbaine" promise par la municipalité (PS) de Paris verra le jour place de Catalogne, près de la gare Montparnasse d'ici à 2024. La mairie de Paris souhaite "végétaliser" plusieurs grandes places de la capitale mais aussi des trottoirs et même les talus du périphérique.

Actuellement, seuls quelques arbres sont plantés place de Catalogne dans XIVe arrondissement de Paris où une fontaine fait office de rond-point. Cette place, entourée de vastes immeubles, a été choisie pour accueillir la première "forêt urbaine" voulue par Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris.

Un symbole de ce quartier aménagé dans les années 1980 où le béton était en vogue et ne laissait que peu de place à la nature. "D'ici 2024, on aura la première forêt urbaine sur la place de Catalogne, entièrement minérale aujourd'hui et qui va devenir beaucoup plus végétale", a déclaré mardi l'adjoint à la végétalisation de la mairie Christophe Najdovski.

Végétalisation "partout où c'est possible"

Autre promesse de campagne : la plantation d'environ 156 000 arbres supplémentaires – 170 000 nouvelles plantations, dont 14 000 arbres abattus et replantés - à Paris d'ici la fin du mandat en 2026. La ville de Paris vient de commander 170 000 arbres. Ils seront plantés en pleine terre dans les prochaines années.

Où seront-ils plantés ? "Partout où c’est possible : trottoirs, talus du périphérique, bois, rues. Cela passe aussi par de nouvelles créations d’espaces verts, de cours oasis, et la recréation d’avenues avec quadruples rangées d’arbres comme avait été pensée l’avenue de Wagram (XVIIe). Nous supprimerons des voies de circulation, des places de stationnement. Et nous allons aussi mobiliser les acteurs privés pour qu’ils participent à cet effort de plantation", a indiqué M. Najdovski. Ces projets faisaient partie du programme, tourné vers l'écologie et une "végétalisation massive", de la maire de Paris Anne Hidalgo lors de sa campagne de réélection en 2020 (depuis, l'édile s'est lancée dans la campagne présidentielle).

Des projets qui semblent faire l’unanimité auprès des Parisiens. "Ça donnera de la vie à Paris et pour lutter contre la pollution, c’est bien", explique une passante. Même enthousiasme pour ce jeune homme qui circule à vélo. "Si Paris est végétalisé, c’est vraiment quelque chose de bien", se réjouit-il. "Parce que ces dernières années avec les chaleurs qu’on a eu l’été à Paris, ce n'était pas tenable, ce n’est pas possible de continuer comme ça", conclue-t-il. Même préoccupation pour la qualité de la vie dans la capitale pour une riveraine de la gare Montparnasse, "c’est essentiel les arbres", s'exclame-t-elle, "en plus ça permettra aux enfants de découvrir différentes espèces et variétés de végétaux".

Difficultés pour la "forêt urbaine" du parvis de l'Hôtel de Ville

Parmi la dizaine de sites de la capitale encore à l'étude pour accueillir ces forêts urbaines, deux autres dossiers "sont plus avancés", a indiqué l'entourage de la maire : le parvis de l'Hôtel de Ville et la place du Colonel-Fabien. Le dossier du parvis de l'Hôtel de Ville, "plus complexe", "reviendra dans quelques mois", a promis M. Najdovksi, dont l'équipe a assuré qu'il pourrait être tenu pour 2024. Le projet initial consistait à remettre en terre tout le premier niveau du parking souterrain mais "si on devait planter sur le parvis, là où se situe aujourd'hui le parking, on ne serait pas dans un objectif de 2024", a dit l'adjoint qui privilégie les plantations en pleine terre "sur les côtés" du parvis.

"Verdir" la ville, une demande des Parisiens

Cette décision d'installer plus de verdure dans la capitale va dans le sens d'une étude de l'Apur qui date de juin 2020. Cette association loi de 1901, dont une des missions est d'imaginer les évolutions urbaines et sociétales de Paris et du Grand Paris, rappelle que depuis plus de 20 ans, les citadins demandent davantage de nature en ville et que renforcer davantage la place du végétal dans l’espace public pourrait répondre à des besoins de fraîcheur, de confort, de biodiversité et d’embellissement.

"La végétalisation en ville est source d’embellissement et de qualité de cadre de vie. Elle est également essentielle au développement de la biodiversité et participe localement au rafraîchissement (ombrage, évapotranspiration…), à la gestion des eaux de pluie (infiltration) et à l’amélioration de la qualité de l’air (fixation des poussières, du CO² et de certains polluants)", rappelle les auteurs de l'étude.

Dans le cadre de cette étude, l'Apur, a établi un photographie détaillée du patrimoine végétal de la capitale qui en juin 2020 s'élevait à 106 000 arbres sur la voirie parisienne, incluant la plantation de 70 % des voies de plus de 19 m de large et près de 20 % des voies comprises entre 11 et 19 m. 647 km de voies sont plantés, soit 38 % des 1 700 km des voies intramuros.

 

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