Véhicules endommagés et maintenance difficile : le service d'autopartage Zity cesse son activité à Paris

Après quatre ans d'existence à Paris, le service s'arrêtera le 15 janvier prochain. Mobilize, filiale du Groupe Renault qui gère Zity, l'a annoncé via un communiqué ce mardi.

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"Nous avons constaté des dommages importants sur plusieurs voitures de notre flotte à Paris", explique le Groupe Renault à France 3 Paris Île-de-France. De ce fait, Mobilize a décidé en ce début de semaine de cesser la circulation des véhicules électriques en libre-service Zity.

À partir du 15 janvier prochain, ces voitures blanches et vertes trouvables sur des places de stationnement public ne seront plus disponibles. Malgré 100 000 clients inscrits en Île-de-France, le service n'a pas réussi à devenir rentable.

Des véhicules souvent indisponibles

Du fait des dégradations sur les véhicules de la flotte, les voitures étaient très souvent indisponibles. "Les dégâts demandaient trop de maintenance pour permettre aux clients de profiter du service de façon pérenne", indique-t-on du côté de Mobilize.

Arrivé à Paris en 2020, ce système d'autopartage en libre-service propose aux clients de louer un véhicule électrique garé à une borne pour des trajets courts en ville. Parmi les dégâts constatés, la carrosserie de certains véhicules était trouée tandis que d'autres avaient leurs portes endommagées.

La société estime que la décision de jeter l'éponge est son dernier recours malgré les "nombreux plans d'amélioration" entrepris à Paris et dans les autres villes franciliennes desservies que sont Vanves, Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt. Mobilize estime que la décision de cesser la circulation de Zity à Paris est uniquement due à des "facteurs externes" et que ses équipes de maintenance également externalisées "ne pouvaient faire face à l'étendue du travail que représentaient les véhicules vandalisés".

Pas de problèmes dans les autres villes

Mobilize assure que Paris est la seule ville où sa flotte Zity a rencontré des problèmes. "Le service a été lancé en 2017 à Madrid et bien que les dégâts sur les voitures soient un problème identifié, nous n'avions pas eu de problèmes de l'ampleur de ceux de Paris dans les autres villes que sont Lyon et Milan", indique-t-on en interne.

Les véhicules qui constituaient la flotte de Zity à Paris seront redéployés dans ces villes ou vers d'autres services d'autopartage. Les clients pourront soit demander un remboursement de leur crédit restant, soit l'utiliser dans les autres villes où le service est disponible. Ne reste plus dans la capitale qu'un service d'autopartage en "free-floating" (avec des véhicules non rattachés à une station) : celui du groupe Stellantis, Free2Move, avec ses Peugeot 208 et Fiat 500 électriques.

"L'autopartage doit être mis en lumière"

Cette solution de location courte durée est donc de moins en moins présente à Paris. Selon Jehan de Thé, président de l'association des Acteurs de l'Autopartage, elle doit être "mise en lumière davantage". D'après ce dernier, l'autopartage manque de densité et de visibilité dans la capitale. Il identifie également un problème en termes d'incitation. "Il faudrait que le nombre de stations parisiennes puisse s'étendre", explique-t-il. Il voit en l'autopartage une réponse efficace aux nombreuses restrictions de circulation à Paris mais aussi un choix économique.

"Le fait d'avoir une voiture lorsqu'on habite dans une grande ville comme Paris n'est pas forcément pertinent et l'autopartage peut représenter une alternative viable", conclut-il. L'arrêt de Zity à Paris rappelle celui d'Autolib (du groupe Bolloré), autre service d'autopartage arrêté en 2018, faute de rentabilité et sur fond de conflit avec Paris et les communes de banlieues partenaires. D'autres opérateurs comme Ubeeqo, filiale d'Europcar, mais aussi le géant Getaround ou Communauto, proposent aussi des véhicules en location courte durée, mais sur des stations précises.