Un "programme d’adoption solidaire" pour les animaux en refuge pendant le confinement

Dès ce jeudi, les règles de déplacements sont assouplies pour permettre l’adoption des animaux, avec une procédure en ligne simplifiée. Un "soulagement formidable" pour la SPA, qui s’inquiétait de la saturation de ses refuges.

La SPA compte six refuges en Île-de-France (illustration).
La SPA compte six refuges en Île-de-France (illustration). © PHOTOPQR/LE DAUPHINE LIBERE
"Nos animaux de compagnie ne doivent pas être des "victimes collatérales" du Covid-19". Christophe Castaner a annoncé samedi dernier une "tolérance concernant les déplacements pour l’adoption d’animaux en refuge", qui prend effet dès ce jeudi 16 avril. Un dispositif adopté après avoir été "alerté par la SPA sur les risques de saturation de ses locaux", explique le ministre de l’Intérieur. L’association de protection des animaux, qui s’inquiétait des conséquences de la crise sanitaire et du confinement, les refuges étant fermés au public, s’est félicitée d’avoir fait valider un "programme d'adoption solidaire". "Beaucoup de nos chers pensionnaires vont pouvoir trouver un nouveau foyer durant cette période", s’est ainsi réjoui la SPA sur Twitter. Concrètement, la procédure est à "95 % digitalisé", avec uniquement "un rendez-vous nominatif et individuel au refuge pour rencontrer l’animal, sans contact direct avec nos équipes de nos refuges, juste une rencontre entre un compagnon et son futur maître".

Il faut remplir un formulaire très détaillé sur ses motivations

"Toute la partie en amont de l’adoption et tout le côté administratif, se passent sur Internet, détaille Jacques-Charles Fombonne. Il faut remplir un formulaire très détaillé sur ses motivations notamment, afin de soumettre sa candidature. A partir de là, on vous donne un rendez-vous individuel par téléphone, ça permet de ne pas avoir trois-quatre personnes qui attendent au refuge et qui se contaminent." Avant de se déplacer, il est nécessaire de remplir son attestation dérogatoire en cochant la case "motif familial impérieux", la SPA délivrant par ailleurs une attestation prouvant la prise du rendez-vous.

Les animaux faisant partie du dispositif spécial sont signalés sur le site de l'association par une mention "SOLIDAIRE" devant leur nom.

7 000 demandes d’adoption reçues par la SPA

Jacques-Charles Fombonne souligne que "tout est mis en place pour ne prendre aucun risque" : "Quand on vous présente l’animal dans un parc grillagé à l’extérieur en présence du chat ou du chien, et nos bénévoles restent à distance. L’animal a été confiné 24 heures ou 48 heures en amont, et il a été lavé et shampooiné. Et on vous remet une laisse sous blister." Les équipes de la SPA qui continuent de prendre soin des animaux sont divisées en deux pour assurer un roulement au cours de la semaine. Autre précaution : les rendez-vous sont espacés d'au moins une heure. "On a reçu 7 000 demandes d’adoption au niveau national, annonce le président de la SPA. La moyenne mensuelle, en temps normal, est entre 3 000 et 4 000 demandes. Ça prouve que les gens sont très attentifs à notre situation." Jacques-Charles Fombonne note tout de même un "possible effet pervers".

On n’adopte pas un chien pour l’abandonner quelques mois plus tard

"Le danger, c’est que certains se lancent dans une adoption "confinement" : "On s’ennuie, donc on prend un animal", redoute-t-il. Notre démarche est solidaire, pour arracher à la fourrière un animal qui aurait pu être euthanasié, et lui trouver un nouveau foyer. On n’adopte pas un chien pour l’abandonner quelques mois plus tard. Mais en plus du formulaire, les bénévoles ont l’habitude et observent comment se déroule la rencontre au refuge. Nous ne sommes pas des marchands d’animaux, on se réserve le droit de refuser l’adoption jusqu’au dernier moment." Le président de la SPA espère ainsi voir la saturation des refuges commencer à reculer progressivement. Pour donner une idée en Île-de-France, on comptait d’après le dernier bilan d’occupation effectué vendredi dernier : 110 chats pour 150 places, et 90 chiens pour 90 places au refuge de Plaisir, "à bloc" ; 60 chats pour 80 places et 75 chiens pour 120 places à Charamande ; 60 chats soit le maximum, et 133 chiens pour 100 places à Vaux Le Pénil ; 70 chats pour 130 places et 55 chiens pour 110 places à Gennevilliers, un refuge plus ancien, dans lequel une marge était conservé pour d’éventuels rapatriements depuis d’autre sites ; 35 chats pour 75 places et 75 chiens pour 85 places à Hermeray ; et enfin 43 % d’occupation pour les chats, et 80 chiens pour 90 places à Orgeval.

L’an dernier, l’association a permis l’adoption de 42 971 animaux perdus ou abandonnés en France. "Je ne dirais pas qu’on a trouvé la meilleure solution, ça serait prétentieux, conclut Jacques-Charles Fombonne. Mais c’est la moins mauvaise, la plus pratique, et la plus solidaire."

 
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