La région Île-de-France demande la reconnaissance officielle du féminicide dans le code pénal

Une affiche « Elle le quitte, il la tue » posée sur la pyramide du Louvre lors d’une manifestation contre les féminicides, en septembre 2019 à Paris. / © ZAKARIA ABDELKAFI / AFP
Une affiche « Elle le quitte, il la tue » posée sur la pyramide du Louvre lors d’une manifestation contre les féminicides, en septembre 2019 à Paris. / © ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

La région Île-de-France a voté jeudi un vœu pour demander au gouvernement que le féminicide soit reconnu officiellement dans le Code pénal. Une mesure voulue par la quasi-unanimité des groupes, à l’exception du Rassemblement national.

Par France 3 Paris IDF / AFP

Alors que se poursuit depuis une quinzaine de jours le Grenelle des violences conjugales, va-t-on bientôt voir l’inscription du féminicide dans le code pénal ? L’Île-de-France en fait en tout cas la demande au gouvernement, après le vote quasi-unanime d’un vœu jeudi au conseil régional.
« Pour certains ça paraîtra gadget, mais je pense qu'au fond ça ne l'est nullement, je pense que c'est une question de prise de conscience, a expliqué la présidente Valérie Pécresse (Libre, ex-LR). Si dans le cas du Grenelle des violences faites aux femmes, nous pouvions interpeller solennellement tous ensemble et à l'unanimité le gouvernement sur cette question, cela aurait une vraie puissance. »

Un vœu voté à l’unanimité, à l’exception du Rassemblement national

L’idée est, selon elle, de pouvoir, comme en Argentine, faire du féminicide « une circonstance aggravante » devant les tribunaux : « On a trouvé des excuses à des hommes qui commettaient des féminicides par le passé, parce que justement, soi-disant, ils les aimaient… C'est un sujet sur lequel la justice doit aussi changer de regard. »
Lors du vote, seul le Rassemblement national s’est abstenu parmi l’ensemble des groupes, estimant qu'il fallait « laisser faire les cours d'assises ». Du côté du groupe Ensemble IDF (PS), le vœu est qualifié d’« avancée réclamée par les associations féministes ». Le groupe UDI, lui, a jugé la mesure « insuffisante mais nécessaire ».

La violence faites aux femmes, déjà grande cause régionale en 2017

Un vœu du groupe Ensemble a d’ailleurs, avant celui voulu par Valérie Pécresse, acté la mobilisation par le conseil régional de « l'ensemble de ses moyens d'action pour accompagner l'État et les associations dans la lutte contre les violences faites aux femmes ». Cela va de « l'aide à la formation des forces de l'ordre, des médecins et des magistrats au recueil de la parole des femmes victimes de violences », à « une augmentation significative du soutien financier aux associations », en passant par « un plan de rattrapage en ce qui concerne le nombre de places disponibles pour les mises à l'abri d'urgence des femmes victimes de violences ».
Nadège Azzaz, la présidente du groupe Ensemble, a annoncé qu’il s’agissait « pour les socialistes » d’une « vraie responsabilité d'avoir mis ce sujet sensible sur le devant de la scène : les féminicides ne peuvent plus rester l'angle mort des politiques publiques ». L'Île-de-France avait déjà fait de la lutte contre la violence faites aux femmes sa grande cause régionale il y a deux ans, en 2017.
 

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