Affaire Estelle Mouzin : fin des fouilles dans les Ardennes, le corps de la fillette n'a pas été retrouvé

De nouvelles fouilles pour retrouver le corps d'Estelle Mouzin avaient lieu depuis lundi dans le domaine du château du Sautou dans les Ardennes. La fillette, âgée de 9 ans, avait été enlevée à Guermantes en Seine-et-Marne le 9 janvier 2003. Sa dépouille n'a pas été retrouvée.

Le château du Sautou, où vont débuter de nouvelles fouilles, est situé à une dizaine de kilomètres de Ville-sur-Lumes.
Le château du Sautou, où vont débuter de nouvelles fouilles, est situé à une dizaine de kilomètres de Ville-sur-Lumes. © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Près de 20 ans après sa disparition, le mystère plane toujours sur le lieu où se trouve le corps d'Estelle Mouzin. Plus de six mois après de précédentes fouilles dans le château du Sautou en présence de Michel Fourniret, de nouvelles recherches ont été menées. Elles n'ont pas permis de retrouver le corps de la fillette dans cette propriété très vaste (pas moins de 15 hectares) a annoncé à France 3 Paris Ile-de-France Me Didier Seban, l'avocat d'Eric Mouzin, le père de la victime.

Située sur la commune de Donchery, près de la frontière belge, les enquêteurs estimaient que c'est dans cet endroit qu'a été enterrée la jeune fille où deux autres jeunes victimes ont été retrouvées en 2004.
 

"Déclencher des souvenirs"

En octobre dernier, la juge d'instruction Sabine Kheris, qui a repris les investigations en 2019, avait fait d'abord amener Michel Fourniret, mis en examen dans cette affaire pour enlèvement et séquestration suivis de mort, à Guermantes en Seine-et-Marne, où s'était volatilisée la petite fille le 9 janvier 2003 alors qu'elle rentrait de l'école, puis dans les Ardennes.

La magistrate avait pour espoir de "déclencher des souvenirs" chez le "Monstre des Ardennes", à la mémoire chancelante. Il n'a avoué qu'en mars sa responsabilité dans cette affaire par cette phrase alambiquée : "Je reconnais là un être qui n'est plus là par ma faute".

Deux mois plus tôt, son ex-épouse, Monique Olivier, mise en examen de son côté pour complicité, l'avait accusé d'avoir violé et tué l'enfant. Des traces d’ADN partiel de la fillette ont aussi été retrouvées sur un matelas qui se trouvait dans la maison de Ville-sur-Lumes.
 

"De sérieuses avancées"

Les précédentes recherches, en octobre dernier, avaient amené pendant cinq jours, Michel Fourniret et son ex-femme, Monique Olivier, dans cette commune des Ardennes où cette dernière affirme qu'Estelle Mouzin a été séquestrée, violée et tuée, dans un cimetière de Charleville-Mézières, sur un terrain à Floing puis au château du Sautou.

Mais ce déplacement sous haute sécurité n'a pas permis de retrouver le corps. En début de semaine, Corinne Hermann, une avocate de la famille d'Estelle Mouzin, avait toutefois salué de "sérieuses avancées", soulignant que la famille attendait "de pouvoir inhumer le corps d'Estelle".

Selon Richard Delgenes, avocat de Monique Olivier, Michel Fourniret aurait indiqué certains lieux dans le parc du château à explorer.

Le tueur en série connait bien les lieux : le couple y a vécu de 1989 à 1991 et il a continué d'y retourner régulièrement jusqu'à son arrestation en 2003.
 

Hospitalisé depuis novembre

A 78 ans, ce dernier, dont l'état neurologique est inconstant, est hospitalisé depuis qu'il a fait le 20 novembre un malaise dans sa cellule de la prison de Fresnes (Val-de-Marne).

Il a été déclaré coupable en 2008 des meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001 et condamné à la perpétuité incompressible, puis à nouveau condamné en 2018 pour un assassinat crapuleux.

Cette même année, il a avoué avoir tué deux autres jeunes femmes dans l'Yonne : Marie-Angèle Domece, disparue en 1988 à 19 ans et dont le corps n'a jamais été retrouvé, et Joanna Parrish, 20 ans, retrouvée morte deux ans plus tard.
 

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