Élections européennes 2024. "L'immigration, le travail, le pouvoir d'achat", la Seine-et-Marne et l'Essonne, locomotives du Rassemblement national en Île-de-France

Tout comme en France, le Rassemblement national arrive en tête en Île-de-France, et c'est une première. Un vote qui s'explique par la poussée du parti d'extrême droite dans les zones rurales et en Grande couronne comme en Seine-et-Marne et en Essonne.

Si l'Île-de France (Paris et sept départements) reste la région métropolitaine où le RN réalise son score le moins élevé, la liste emmenée par Jordan Bardella y arrive tout de même première avec 18,79% des suffrages exprimés et 735.000 voix, légèrement devant les 18,57% de la liste La France insoumise de Manon Aubry. 

À titre de comparaison, la liste du même Jordan Bardella aux précédentes élections européennes en 2019 avait récolté régionalement 14,13% des bulletins, moitié moins que la liste Renaissance de la majorité présidentielle.

La Seine-et-Marne, la locomotive RN


"Je pense que la Seine-et-Marne joue son rôle de locomotive, c'est un territoire mi-urbain mi-rural. Nous faisons près de 35%, donc c'est ça qui tire", analyse le sénateur RN de Seine-et-Marne Aymeric Durox.

Dans le plus vaste département francilien, majoritairement composé de zones rurales et villes de petite taille, seule une quinzaine de communes sur les 507 n'ont pas placé le RN en tête au dernier scrutin.

"Toutes les villes intermédiaires, entre 2.000 et 5.000 habitants, nous sommes à 50% en gros. Plus la ville est importante, plus ça baisse", note Aymeric Durox.

Caractéristique de la progression du RN scrutin après scrutin ces dernières années en Île-de-France, une région où il était traditionnellement faible, la Seine-et-Marne a envoyé une députée RN à l'Assemblée nationale en 2022, puis un sénateur au palais du Luxembourg l'année suivante.

"On a fait un gros travail de terrain. Moi-même, cela fait dix ans que je travaille ma circonscription. Au bout d'un moment, ça rend", déclare la députée RN sortante de Meaux Béatrice Roullaud.

Les zones péri-urbaines et rurales

Si le Rassemblement national n'est arrivé presque nulle part en tête dimanche dans la capitale et en petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), la carte montre en revanche une avancée très nette du parti de Marine Le Pen dans les zones rurales périphériques de grande couronne, profitant de l'effondrement du vote macroniste.

Tout l'ouest des Yvelines et du Val-d'Oise, le sud de l'Essonne sont ainsi dominés par un vote Rassemblement national qui se rapproche nettement de Paris par rapport aux européennes de 2019.

"Je connais ces gens qui ont voté pour l'extrême droite, ils n'auraient pas voté pour l'extrême droite hier (...) J'entends ce message, il faut aider les gens au quotidien", note le député Renaissance Alexis Izard, élu d'une circonscription semi-rurale de l'Essonne.

"L'immigration, le travail, le pouvoir d'achat"

Dans sa ville populaire de Chilly-Mazarin (Essonne), la maire PS Rafika Rezgui constate pour sa part une juxtaposition du vote RN avec les zones pavillonnaires, le parti étant plus faible dans les quartiers de logements collectifs. "Là où on est plutôt dans des quartiers résidentiels qui connaissent une fracture sociale, je vois des habitants qui ont du mal à joindre les deux bouts, à engager des travaux pour se mettre en conformité", décrit-elle.

Député MoDem d'une circonscription rurale "qui fait partie des terres oubliées des Yvelines" et constitue "un terreau fertile pour le RN", Bruno Millienne a constaté que trois thèmes revenaient sur les marchés lors de la campagne électorale : "l'immigration, le travail, le pouvoir d'achat".

Les zones où le vote RN a particulièrement augmenté vont être l'un des enjeux de la campagne des législatives qui s'ouvre après la dissolution de l'Assemblée nationale. Pour la maire socialiste Rafika Rezgui, "les espaces périphériques de la République ont un message de colère, de dire : 'non, nous ne serons pas des invisibles'".

Au total, le parti à la flamme a réalisé des scores supérieurs à 50% dans plus d'une centaine de communes franciliennes.

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