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A Lagny-sur-Marne, il n'y a plus de mosquée pour les fidèles

La mosquée, considérée comme "un foyer d'idéologie radicale" a été fermée par le gouvernement il y a un an. Les fidèles prient maintenant dans la rue et les élus de cette commune de Seine-et-Marne en appelle au gouvernement pour les "empêcher".
© Thomas Samson/AFP Paris
"A la suite de la fermeture le 2 décembre 2015 par l'Etat du lieu de prière, il n'y a plus de lieu de culte musulman à Lagny-sur-Marne. Depuis plusieurs mois, des prières se déroulent cinq fois par jour sur l'espace public", "devant une école de la République, dans un quartier prioritaire de la politique de la ville", ont informé lundi soir les élus lors d'un conseil municipal réuni en urgence.

La démarche du maire (UDI) de cette commune de 21.000 habitants, située à quelques encablures d'Eurodisney, "a été validée à l'unanimité par les élus, opposition comprise", a précisé Pierre Tebaldini, le directeur de cabinet. "Ces prières réunissent depuis plusieurs semaines entre 10 et 50 personnes", dit-il. Les élus, qui "craignent que la situation ne dérape dans un contexte déjà fortement anxiogène", affirment que "la situation s'enlise malgré plusieurs courriers et rendez-vous en préfecture et au ministère".

Il faut rouvrir un lieu de culte ou faire cesser les prières "de rue", demande la mairie


Le conseil municipal demande donc "à l'Etat d'agir": "Soit il considère que le culte peut s'exercer dès aujourd'hui sans risque de radicalisme à Lagny-sur-Marne et permet la réouverture du lieu de culte, soit il considère que ce n'est pas le cas et fait cesser ces prières dites de rue". "Nous demandons à l'Etat de prendre ses responsabilités et d'empêcher les personnes répertoriées" comme radicalisées "de faire du prosélytisme, de surcroît lorsqu'il s'agit de quartiers prioritaires de la politique de la ville", plaident-ils. Ils préconisent d'instaurer un partenariat avec l'Etat pour "travailler sur le long terme" à la prévention de la radicalisation.

Les dirigeants de la mosquée et les fidèles avaient demandé la suspension de l'arrêté de fermeture, mais le tribunal administratif de Melun avait refusé fin septembre.

La mosquée de Lagny avait été fermée après des perquisitions menées dans le cadre de l'état d'urgence. A la suite de cette opération avaient été saisis un revolver, des documents sur le jihad et "un disque dur dissimulé". Une madrasa (école coranique) clandestine avait été découverte et 22 interdictions de sortie du territoire et 9 assignations à résidence prononcées. Dans la foulée, l'Association des musulmans de Lagny, qui gérait la mosquée et les deux associations l'ayant précédée avaient été dissoutes, une mesure inédite en France pour des associations cultuelles, selon le ministère.

Malgré de multiples recours des dirigeants et fidèles de ce lieu de culte, la justice a confirmé sa fermeture. Selon la préfecture, 275 personnes sont suivies en Seine-et-Marne dans le cadre de la lutte contre la radicalisation violente.
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