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La mosquée de Lagny restera fermée, dit le tribunal

Le tribunal administratif de Melun a refusé de suspendre l'arrêté de fermeture de la mosquée de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), comme le réclamaient des dirigeants et des fidèles de ce lieu de culte, fermé en décembre 2015 dans le cadre de l'état d'urgence.
© Thomas Samson/AFP Photos
La mosquée de Lagny, présentée par le gouvernement comme un "foyer d'idéologie radicale", a été fermée le 2 décembre 2015, après des perquisitions menées dans le cadre de l'état d'urgence. Dans la foulée, l'Association des musulmans de Lagny, qui gérait la mosquée, et les deux associations l'ayant précédée ont été dissoutes. Une mesure inédite en France pour des associations cultuelles, selon le ministère.

Déja, en février 2016, le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction de l'ordre administratif, saisi en référé, une procédure d'urgence, avait refusé de suspendre l'arrêté préfectoral de fermeture.
Puis en juillet, le Conseil d'Etat avait également refusé de suspendre le décret de dissolution de l'association.

Ce vendredi 30 septembre, le tribunal administratif de Melun explique dans un texte que "cette salle de prière a été depuis 2010 un lieu de prêche et d'enseignement en faveur d'un islamisme radical, où étaient prônés le rejet des valeurs de la République et de l'Occident, l'apologie du djihad armé, la mort en martyr."
Et le tribunal poursuit : "La mosquée a également servi de lieu d'endoctrinement et de recrutement de combattants volontaires, dont plusieurs ont rejoint les rangs de Daech (...) Les éléments apportés par les requérants, qui tentaient de démontrer que ces éléments n'étaient plus d'actualité, n'ont pas emporté la conviction des juges".

Les juges ont par conséquent "considéré que la mesure de fermeture (...) était nécessaire et proportionnée au maintien de l'ordre public, dans le contexte de l'état d'urgence et qu'elle ne portait donc pas une atteinte excessive à la liberté de conscience et de religion au regard de l'intérêt général poursuivi".

La requête devant le tribunal administratif de Melun avait été soumise par la direction d'une association, créée au printemps 2016 pour reprendre la mosquée, qui assure n'avoir rien à voir avec les dérives des deux précédentes équipes.


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