Le covoiturage sur de petits trajets devient presque gratuit en Île-de-France

Île-de-France Mobilités a signé un partenariat avec BlaBlaCar Daily permettant aux usagers de voyager pour très peu cher en Île-de-France. Des trajets qui ont surtout lieu en grande couronne.

Certains habitants de grande couronne "n'auront jamais d'autre choix que de prendre la voiture", affirmait en décembre dernier la présidente (LR) de la région Île-de-France, Valérie Pécresse.

Face à ce manque de transports, quelle solution s'offre aux usagers ? Le covoiturage selon elle. Île-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité régulatrice des transports franciliens, va largement financer ce mode de déplacement.

"Sur les trajets du quotidien, les gens prennent leur voiture et ne se posent pas la question de comment ils pourraient voyager autrement. Sur le Pays de Meaux, Île-de-France Mobilités subventionne le covoiturage, ce qui est un peu une première. Les conducteurs gagnent au moins 2 euros par passager transporté. Pour eux, ça va être soit complètement gratuit, soit 50 centimes à payer, somme que l'on prend à notre charge pour développer l'usage", explique Adrien Tahon, directeur de Blablacar Daily.

Cette intercommunalité fait partie des premières en Île-de-France à avoir signé un tel partenariat avec l'entreprise (avec le Val Briard, aussi en Seine-et-Marne). Ce mardi 9 avril, le département de l'Essonne va aussi signer un partenariat avec l'entreprise pour favoriser cette mobilité. Le département financera à hauteur de 100 euros le covoiturage via BlaBlaCar Daily pour les trajets essonniens des 18-25 ans.

De nombreux trajets en grande couronne

Si de tels partenariats sont nécessaires, c'est que l'usage peine encore à s'imposer. Car le covoiturage est surtout développé sur les trajets de longue distance.

"Pour la première fois sur janvier, février, mars, on a plus de volume de passagers sur la courte distance que sur la longue distance. Mais les trajets plus courts ont un impact économique plus faible", se félicite Adrien Tahon.

Selon lui, toujours en Seine-et-Marne, de nombreux collaborateurs de Disneyland (le premier employeur privé de la région) ont adopté ce mode transport, notamment avec les horaires décalés, lorsqu'il n'existe plus de transports alternatifs.

"En Île-de-France, les trajets s'effectuent surtout de la grande couronne à la grande couronne, on n'est pas du tout dans les trajets petite couronne ou vers Paris. Les trajets qui ne sont pas pratiques en transports en commun en fait", poursuit-il.

Selon Île-de-France Mobilités, près de 80% des deux millions de trajets subventionnés en 2023 concernent la grande couronne.

Lignes de covoiturage

Le dispositif de soutien au covoiturage mis en place par IDFM depuis 2017 prévoit "une indemnité kilométrique par trajet entre 1,5 et 3 euros par passager (...) en fonction de la distance parcourue" sous un plafond de 150 euros par mois.

Par ailleurs, les abonnés du pass Navigo bénéficient de deux trajets gratuits par jour dans la limite de 30 km.

"On est sur 15-16 millions de voitures sur la route tous les jours et dans l'immense majorité des cas, à une seule personne. Donc par rapport au potentiel, on a beaucoup de possibilités", rappelle Adrien Tahon.

Début 2025, 12 lignes de covoiturage vont être créées en Île-de-France. Sur ces trajets, les conducteurs qui prennent des covoitureurs vont recevoir une indemnité kilométrique pouvant rapporter jusqu'à 150 euros par mois.