Prison de Meaux : matelas au sol, frustration des gardiens et manque de personnel

À la Maison d'arrêt de Meaux (Seine-et-Marne), l'occupation approche les 200% et 30 postes de surveillants sont vacants. / © AFP/Alain Jocard
À la Maison d'arrêt de Meaux (Seine-et-Marne), l'occupation approche les 200% et 30 postes de surveillants sont vacants. / © AFP/Alain Jocard

C'est le constat de la députée France Insoumise du Val-de-Marne, Mathilde Panot. Elle a pu visiter cette maison d'arrêt où le taux d'occupation flirte avec les 200%.

Par France3 IDF (avec AFP)

Mathilde Panot, députée France Insoumise du Val-de-Marne, a passé trois heures au sein de la prison de Meaux (Seine-et-Marne), accompagnée d'une journaliste comme la loi le permet depuis 2015. Entre ces murs : 984 détenus pour 639 places.

Avec un taux d'occupation flirtant avec les 200% dans la maison d'arrêt, pas d'autre choix que de faire dormir les prisonnniers sur des matelas à même le sol. Les matelas - au nombre de 90, malgré l'installation de lits rabattables depuis 2009 -  sont "apparus il y a trois ans mais, depuis dix-huit mois, on ne désemplit plus", se désole une surveillante.

"22 secondes"

La surpopulation carcérale se conjugue à un manque endémique de personnel : dans cette prison de Seine-et-Marne, 30 postes de surveillants sont vacants, sur un effectif théorique de 230. En cause : la faiblesse des rémunérations et la pénibilité, sans parler de la mauvaise réputation qui colle aux "matons" : "avec 1.466 euros brut en sortie d'école, contre 2.100 euros pour la police municipale, on a des concurrents", soupire Damien Tripenne, le responsable local de la CGT, qui a pris l'initiative d'inviter Mme Panot.

À la prison de Meaux (Seine-et-Marne), 30 postes de surveillants sont vacants, sur un effectif théorique de 230. / © AFP/Alain Jocard
À la prison de Meaux (Seine-et-Marne), 30 postes de surveillants sont vacants, sur un effectif théorique de 230. / © AFP/Alain Jocard

"Quand j'ai 22 secondes à consacrer à un détenu, parce que je suis tout seul sur un étage de 120 détenus, je ne vois pas comment je peux participer à sa réinsertion, bien que cela fasse partie de mes missions", complète son collègue Michaël. Un constat partagé par la directrice adjointe de l'établissement, qui a joué le jeu de cette visite-surprise en ouvrant toutes les portes de l'établissement, jusqu'aux cellules ultra-sécurisées du quartier d'isolement.

"Pour le moment, ça tient mais, sur la durée, c'est sans garantie", souffle la responsable, qui salue "l'engagement" du personnel en dépit de ses conditions de travail.

"Peines alternatives"

Face à la surpopulation, "il faut absolument développer les peines alternatives, comme les travaux d'intérêt général, et construire des prisons qui ne soient pas trop grandes, à taille humaine", ajoute l'adjointe.

Au 1er novembre, les prisons françaises comptaient 69.300 détenus, un record. Alors que la densité carcérale atteignait 120% en moyenne, 1.473 matelas au sol étaient recensés dans l'ensemble des 88 établissements.

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