Melun : la crèche de la mairie va-t-elle disparaître avant Noël ?

(illustration) / © Flickr / CC by Olivier GENDRIN
(illustration) / © Flickr / CC by Olivier GENDRIN

Emblème religieux ou tradition? En pleine polémique sur les crèches de Noël, le tribunal administratif de Melun s'est penché vendredi sur la requête de défenseurs de la laïcité qui demandent au maire de cette commune de Seine-et-Marne de retirer celle de l'hôtel de ville.

Par France 3 Paris, avec AFP

On connaîtra la décision avant Noël. Le 22 décembre précisément. Mais il se pourrait bien que la mairie de Melun ne puisse pas poser Jésus dans son berceau le 25 décembre, faute de crèche. 

La fédération des Libres penseurs de Seine-et-Marne avait déposé un recours "pour excès de pouvoir" fin 2012, après être resté sans réponse à ses lettres adressées au maire UMP, Gérard Millet, pour lui demander de ne pas installer de crèche. "Nous avons attaqué en justice car nous demandons simplement que la loi de 1905, qui sépare l'Église et l'État, et que le principe de laïcité soient respectés dans les lieux publics", a dit le président de la fédération seine-et-marnaise, Laurent Tribouillard, à l'issue de l'audience. "Depuis 2005, on lui dit chaque année qu'il y a un petit Jésus dans cette crèche et qu'il n'y a pas que des chrétiens à Melun. C'est un maire et à ce titre il doit plus que les autres respecter les lois de la République", a ajouté Gérard Docquin, secrétaire de cette association.

«Une tradition, un fait populaire»


Pour la mairie, la crèche de Noël installée depuis des années dans la cour de l'Hôtel de ville, sous un porche, est une "tradition". "Cette crèche de Noël n'est pas un emblème religieux mais la manifestation d'un fait religieux. C'est une tradition, un fait populaire", a expliqué l'avocat de la mairie, Me Mathieu Pagnoux. Mais à l'audience, le rapporteur public a jugé que cette crèche représentait "bien un épisode de la Nativité". "Il s'agit bien, à notre sens, d'un emblème religieux, où la symbolique est affirmée, de plus, par le bâton porté par l'un des rois mages en forme de crosse, attribut des évêques dans la religion catholique", a-t-il fait valoir, recommandant "l'annulation de la décision de rejet du maire de Melun de la demande des Libres penseurs de Seine-et-Marne", soit la désinstallation de la crèche.

Le tribunal, qui suit très souvent les recommandations du rapporteur public, rendra sa décision lundi dans la matinée. Il y a quelques jours, le tribunal administratif de Nantes avait enjoint le conseil général de la Vendée, vieille terre de tradition catholique, de démonter sa crèche de la Nativité installée dans le hall de ses locaux. Le conseil général a fait

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