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Nord de Paris : la Cimade se retire du plus grand centre de rétention administrative

Un homme fait de l'exercice à l'intérieur du centre de détention administrative du Mesnil-Amelot (93), au nord de Paris, le 6 mai 2019. / © Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Un homme fait de l'exercice à l'intérieur du centre de détention administrative du Mesnil-Amelot (93), au nord de Paris, le 6 mai 2019. / © Christophe ARCHAMBAULT / AFP

La Cimade retire ses équipes du plus grand centre de rétention administrative (CRA) de France, au Mesnil-Amelot (77) après plusieurs jours d'une situation de "violences extrêmes" pour les personnes retenues au sein du centre.

Par DM avec AFP

Depuis le 11 juillet, l'association n'intervient plus dans ce centre de rétention administrative (CRA), le plus important de France. Il est situé à quelques centaines de mètres des pistes de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.
Selon la Cimade, environ 200 personnes sont actuellement retenues au centre du Mesnil-Amelot (77). D'une capacité de 240 places, c'est un lieu où sont maintenus les étrangers qui font l'objet d'une décision d'éloignement, dans l'attente de leur renvoi forcé.
Ces derniers jours,

il y a eu trois tentatives de suicide dans le centre sans compter les actes automutilations. Pour réprimer les grèves de la faim, les retenus sont envoyés en cellule d'isolement 

rapporte le secrétaire général de la Cimade, Cyrille de Billy.
"Ces violences ne permettent plus aux équipes de la Cimade d'exercer leur mission d'accompagnement juridique dans de bonnes conditions", explique-t-il.

La direction ne souhaite pas s'exprimer

Sollicitée, les responsables du centrede rétention n'ont pas souhaité répondre.
"La politique menée par le ministère de l'Intérieur en rétention a des conséquences d'une extrême violence pour les personnes enfermées", selon M. de Billy.
La Cimade réclame "des conditions de vie dignes, moins d'enfermement, 40% des personnes retenues sont libérées sur décision de justice".
Selon l'association, au CRA du Mesnil-Amelot,

l'accès à l'eau potable n'est plus possible après 19H. Une femme enceinte soudanaise est retenue actuellement et a des difficultés d'accès aux soins.

Ce retrait de la Cimade intervient trois semaines après une lettre envoyée au ministre de l'Intérieur par 22 associations lui rappelant "l'urgence de la situation en rétention et la nécessité notamment de prendre en charge les personnes atteintes de troubles psychiques graves".
Dans un courrier en réponse, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a assuré que "la prise en charge psychologique des personnes retenues va faire l'objet d'un renforcement".
La Cimade estime que cette réponse est "insuffisante" et "nie les pratiques illégales quotidiennes en centre de rétention comme l'enfermement des enfants ou l'expulsion de demandeur d'asile avant la réponse de l'Opfra (office français de protection des réfugiés et apatrides)".
Le 22 février 2012, des policiers se tiennent derrière la porte du centre de détention pour immigrants au Mesnil-Amelot (93), en banlieue parisienne. / © Joël Saget / AFP
Le 22 février 2012, des policiers se tiennent derrière la porte du centre de détention pour immigrants au Mesnil-Amelot (93), en banlieue parisienne. / © Joël Saget / AFP
Sur les 2800 personnes enfermées au CRA Mesnil-Amelot en 2018, 1000 ont été expulsées, selon le rapport annuel des associations habilitées à intervenir en CRA.

La ligne rouge

La Cimade avec 21 organisations (Médecins du Monde, Amnesty International France, le GISTI, Emmaüs France, le Syndicat des avocats de France, la Ligue des droits de l’Homme…) interpellent le ministre de l’Intérieur pour lui demander de :
  • faire cesser cette politique du tout enfermement qui conduit à la maltraitance de personnes étrangères ;
  • proscrire tout enfermement d’enfants en rétention ;
  • assurer la protection des personnes les plus vulnérables, parmi lesquelles les personnes malades ;
  • mettre un terme aux pratiques illégales de l’administration.
Le collectif invite à envoyer une lettre ouverte : "Monsieur Castaner, votre politique d’enfermement en rétention a franchi la ligne rouge."
A ce jour, le compteur indique que 21 584 personnes l'ont fait.

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