13 personnes interpellées suite aux violences urbaines en Seine-Saint-Denis

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Écrit par Emmanuelle Hunzinger

Au total, treize personnes ont été interpellées dans la nuit de lundi à mardi à Sevran, Aulnay-sous-Bois et Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) pour des incendies, dégradations et violence suite à la mort d'un homme tué par un policier samedi dernier.

Malgré différents incendies, la nuit dernière a été plus calme après deux soirées de colère à Sevran, Aulnay-sous-Bois et Tremblay-en-France suite à la mort d'un habitant, tué par un tir policier samedi au cours d'une interpellation.

13 personnes interpellées

Au total, 11 containers poubelle et 4 véhicules ont été incendiés, et des barricades de fortune érigées. A 1H30 du matin à Sevran, une ancienne salle de sport désaffectée de 100m2 a été détruite par les flammes. Aucune personne n'a été blessée.

Au cours de cette troisième nuit, 13 personnes, certaines en possession de jerricans ou de cocktail molotov- ont été arrêtées pour "dégradations volontaires par incendie", "participation à un groupement en vue de violences et dégradations" et "violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique", des fonctionnaires ayant été ciblés, dès 19H30, par des tirs de projectiles. "10 personnes sont toujours en garde à vue", explique Éric Mathais, le procureur de la République de Bobigny, dans un communiqué ce mardi soir.

Lors de la première nuit de violences, samedi 26 mars, 3 personnes ont été déférées en comparution immédiate et elles ont été placées en détention provisoire. Leur affaire a été renvoyée au 27 avril prochain. 7 autres ont été libérées après leur garde à vue selon les informations du ministère public.

Dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 mars, six personnes ont été interpellées. Deux mineurs ont été déférés au parquet et présentés à un juge des enfants. 

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de l'enquête. Le policier, âgé de 32 ans et hospitalisé "en état de choc", n'a pas encore pu être entendu, indique le parquet.

"C'est un meurtre, c'est une injustice"

Les événements font suite à la mort samedi de Jean-Paul dit "JP", un habitant du quartier des Beaudottes à Sevran et père de quatre enfants.

Vers midi, un équipage de la brigade anti-criminalité (BAC) d'Aulnay-sous-Bois décide de contrôler le conducteur d'une camionnette signalée volée, arrêté à un feu rouge rue Suzanne Lenglen à Aulnay-sous-Bois. "Un policier s'est porté à la hauteur de la vitre du conducteur et, dans des circonstances qui restent à déterminer précisément, a fait usage de son arme - un seul coup de feu - au moment où la camionnette redémarrait brusquement", a détaillé le procureur. Le véhicule finit sa course plusieurs centaines de mètres plus loin sur la commune de Sevran. L'homme a été blessé à l'omoplate gauche, selon une source policière, il est décédé en fin d'après-midi à l'hôpital des suites de ses blessures.

L'autopsie de la victime a eu lieu ce mardi et a confirmé que "le tir par arme est à l'origine du décès" précise le parquet de Bobigny.

Selon des habitants "JP" avait subtilisé le véhicule de son employeur, prestataire pour une plateforme logistique de livraison de colis, mécontent d'un salaire non-versé.

Une marche blanche sera organisée dans les prochains jours par la famille.