A quelques semaines du bac, les autotests sont timidement déployés dans les établissements

Les épreuves du bac de français et de philosophie ont lieu le 17 juin cette année. Le gouvernement déploie des autotests dans les établissements à destination des élèves et des personnels éducatifs. Leur utilisation se fait sur la base du volontariat.

Au 21 mai, 250 000 autotests étaient déployés dans les établissements en France.
Au 21 mai, 250 000 autotests étaient déployés dans les établissements en France. © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Dernière ligne droite pour les élèves qui passent leur bac. Pour le gouvernement, l'enjeu est aussi important : pas question de voir un regain d'épidémie de la Covid-19. Des centaines de milliers d'autotests ont été commandés, 250 000 déployés au 21 mai (loin de l'objectif affiché de 600 000).

Au lycée professionnel d'Alembert à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), aparté autotest ce jeudi matin. "C'est rapide. On a bien trempé le coton-tige dans la solution, je pense que c'est fiable oui", estime ainsi un élève.

Dans le détail dans l'académie de Versailles, sur la période du 10 au 12 mai sur les 35 000 tests proposés aux élèves et professionnels, près de 23 000 ont été réalisés. Dans celle de Paris, sur la période du 10 au 17 mai, sur les plus de 5 000 proposés, 3 000 ont été réalisés avec des taux de positivité faibles : respectivement 0,09% et 0,21%.

Lutter contre l'absentéisme

Ces tests sont effectués pendant les cours par des professeurs volontaires. Une façon aussi de lutter contre l'absentéisme. "L'intérêt pour nous est que les élèves viennent et que les lycéens soient le plus présent possible pour être accompagnés. L'infirmière de l'établissement forme les professeurs volontaires. Comme il y a une relation de confiance entre le professeur et sa classe, les choses se passent très simplement", explique Nathalie Malmberg, proviseure du lycée d'Alembert.

L'autotest est une forme de test antigénique sur prélèvement nasal à réaliser soi-même, censé être simple d'utilisation et indolore. Il donne un résultat rapidement, en 15 à 20 minutes. Son objectif est de dépister les personnes qui n'ont pas de symptômes et ne sont pas personnes contacts, selon le ministère de la Santé.

Une nécessité pour Annabelle de Sousa, professeure de mode : "C'est notre travail, oui, parce que c'est pour les protéger eux comme nous. Il faut que l'on soit tous solidaires et faire ces autotests, pour être nous aussi rassurés", explique-t-elle.

Faible taux d'acceptation

Du côté des professeurs, tous ne partagent pas ce constat. Certains syndicats d'enseignants et de personnels déplorent ainsi des livraisons au compte-gouttes et un faible taux d'acceptation par les élèves et leurs familles.

"On va vers un flop complet", a déclarait Philippe Vincent, secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN), lors d'une conférence de presse mercredi 19 mai, évoquant alors un taux d'acceptation de l'ordre de 5 à 10% en moyenne.

"Le timing n'est pas le bon", avait-il ajouté, soulignant que l'approche de la fin de l'année scolaire et la mise en œuvre du déconfinement n'incitaient pas les élèves à s'intéresser aux autotests. Il a également relevé un manque d'"appétence" des familles qui considèrent que ce n'est "pas le rôle du lycée" de s'occuper de ces tests ou qui craignent de voir leur enfant déclaré positif à l'approche des examens.

Le gouvernement a promis de livrer aux lycées d'ici à l'été 60 millions d'autotests.

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