Appel des parents d’élèves pour la réouverture des écoles et des centres de loisirs à Montreuil

Des parents du groupe scolaire Résistance à Montreuil en Seine-Saint-Denis demandent au maire d’accueillir un nombre plus importants d’enfants à l’école et dans les centres de loisirs. Une pétition est en ligne.
Le groupe scolaire Résistance à Montreuil
Le groupe scolaire Résistance à Montreuil © DR

Le 11 mai, avec le déconfinement, les enfants des classes maternelles et élémentaires devaient reprendre progressivement le chemin de l'école selon le ministre de l'Education nationale. Mais dans les faits, trois semaines plus tard, beaucoup d’enfants sont encore à la maison. C'est ce que dénoncent des parents d'élèves du groupe scolaire Résistance à Montreuil dans une pétition à l'attention du maire, Patrice Bessac.

"Nous demandons la réouverture des 54 sites des écoles maternelles et élémentaires et centres de loisirs associés, comme le font de nombreuses communes, même en zone orange, en utilisant toutes les ressources de la ville - et celles-ci sont nombreuses - pour accueillir tous les élèves dont les familles sont volontaires", peut-on lire dans cette pétition adressée au maire de la ville et écrite et mise en ligne par le conseil local de la FCPE du groupe scolaire Résistance, qui regroupe l’école maternelle Les Zéfirottes et l'école élémentaire Stéphane Hessel. 

Ecole à la maison et télétravail 

Xavier, membre de la FCPE, est le père d’une petite Evangéline, âgée de 6 ans, scolarisée en CP. "Evangéline est censée faire partie des enfants prioritaires selon le ministère de l’Education nationale. Mais selon le préfet de Seine-Saint-Denis, ma femme et moi nous ne sommes pas reconnus comme profession prioritaire et notre fille n‘a pas été accueillie a l‘école".  Xavier, chef de projet à l’Institut national de l’information géographique et forestière est en télétravail depuis le début du confinement tout comme sa femme. "Tous les deux en télétravail, on alterne l’école à la maison. Quand l’un travaille, l’autre s’occupe de notre fille et vice-versa. Ce qui fait que pour arriver à tenir nos 8 heures de travail théorique, on bosse à des heures improbables, tard le soir, tôt le matin. Autant au début du confinement nous avons pu nous en arranger. Maintenant nos hiérarchies respectives poussent à ce que l’on revienne sur site" nous explique t-il.

Plus inquiétant pour cette famille, "c’est l’état psychique de notre fille. Elle est sociable, curieuse, elle a besoin d’apprendre. On arrive à lui apprendre des choses. Mais elle ne voit que ses parents, aucun autre enfant. On sent un certain mal-être chez elle".

Ça a été trop lourd. J’ai craqué

Cléa a également signé la pétition. Cette mère de famille, professeure des écoles, avec trois enfants à charge, scolarisés respectivement en grande section, en CM2 et pour la plus petite, en garde chez une assistante maternelle jusqu'à l'arrivée de l'épidémie. Compliqué pour Cléa de tout mener de front : "c’était très dur de gérer les cours à distance qui demandent beaucoup plus de temps qu’en présentiel et les devoirs à la maison. Certes je ne suis pas la plus à plaindre, mais combiner tout cela, sans parler de l’intendance à la maison, ça a été trop lourd. J’ai craqué. J’ai du laisser mes enfants chez leurs grands-parents. J’espère que les écoles vont rouvrir".

Une pétition en ligne pour la réouverture des écoles ou des solutions alternatives

La pétition a recueilli plus de 325 signatures à ce jour. Les parents du groupe scolaire demandent qu’un nombre plus important d’élèves retournent en classe. A Montreuil au 2 juin, plus de 2 000 enfants ont été accueillis sur 24 sites scolaires selon les chiffres de la mairie. Insuffisant pour ces parents qui comprennent néanmoins la difficulté pour la ville de mettre en œuvre le protocole sanitaire exigé par le gouvernement.

"On a compris que la mairie ne soit pas prête le 11 mai en ce qui concerne le protocole sanitaire à appliquer et notamment la présence du personnel municipal pour désinfecter les classes. Les délais pour la réouverture des classes étaient courts entre les annonces du gouvernement et la déclinaison au niveau local", concède Xavier " mais dès le 18 mai, date de l’ouverture des écoles à Montreuil, on s’est aperçu qu’il n’y avait que 19 sites ouverts. On arrive maintenant à la phase 2 du déconfinement et là c’est la douche froide. Il n'y a que 24 sites ouverts pour les 54 écoles de la ville", regrette t-il. "On s’est rapproché des directions des écoles. On a été surpris par leur désarroi. Sur le papier les écoles rouvrent. Mais dans les faits, les parents ne peuvent avoir qu’un jour ou deux d’accueil. Côte mairie, il n’y a que 40% du personnel d’entretien revenu. Les autres sont absents et l’on peut comprendre leurs raisons", ajoute Cléa.

Le maire fait plein de choses comme l’ouverture de pistes cyclable pour favoriser le vélotaf par contre au niveau de l’école, rien n'est fait ou pas assez.

"C’est dommage", s'exclame Cléa, "il n’y pas de solutions alternatives alors que l’on est censé être une ville pleine de ressources et portée sur la jeunesse et là rien n'est fait. C’est désolant pout les enfants, les parents et même pour les enseignants", regrette-t-elle.

Les signataires demandent au maire la révision du protocole sanitaire pour permettre un accueil plus large des enfants en ayant recourt à de la sous-traitance en ce qui concerne le ménage et l’entretien. Ils souhaitent que la ville fasse appel à ses autres personnels communaux ou aux associations subventionnées. "La ville pourrait s'appuyer sur le tissu associatif culturel ou sportif et ouvrir l’école vers l’extérieur pour visiter des musée, aller à la bibliothèque, ou organiser des sorties scolaires dans des bases de loisirs", détaille Xavier, "déchargeant ainsi les parents pour qu’ils puissent reprendre leurs activités économiques qui leur est nécessaire".

 L'ouverture des centres de loisirs, autre point d’interrogation

Autre point d'inquiétude, avec l'arrivée des vacances d'été, la question de l’inscription des enfants dans les centres de loisirs. "Les centres accueillent le mercerdi les enfants qui vont déjà à l’école. Mais les autres ? Pour cet été, nous n’avons aucune info. Beaucoup de parents doivent reprendre le travail. Que vont faire nos enfants cet été ? Nous sommes totalement dans le flou", s’interroge Cléa. Et Xavier de poursuivre: "tout le monde n’a pas des grands-parents et des solutions de garde."

Le 18 mai, 120 élèves du groupe scolaire Résistance étaient "volontaires" pour reprendre l’école. Pour 55 places seulement. 90 % étaient déjà pourvues par des enfants de familles prioritaires.

Un rendez-vous est prévu prochainement avec l’élue en charge de l’Education à la ville pour tenter de trouver une solution. Contactée, la mairie de Montreuil n'a pas pu donner suite à notre demande d'interview.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer en dépalcement ce jeudi dans une école à Vincennes, dans le Val-de-Marne, a dit "espérer que le protocole sanitaire qui encadre l'accueil des élèves dans les écoles pourra être assoupli bientôt même si ce ne sera pas pour tout de suite".

En France, plus de 80% des écoles ont été rouvertes. Mais elles n'accueillent que 22% des écoliers. Le ministre a promis la réouverture de toutes les écoles au mois de juin. En raison du protocole sanitaire, les enfants accueillis le sont le plus souvent par roulement, parfois une ou deux journées par semaine, souvent moins dans des grandes villes comme Paris.
 


    
 

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