Cyberharcèlement : "Ton nom est une insulte à la France", les sportifs de haut niveau victimes des réseaux sociaux

Apparence physique, contre-performances sportives... Les athlètes professionnels sont de plus en plus victimes de cyberharcèlement. Un fléau qui touche de nombreux sports et dont les manifestations sont diverses sur les réseaux sociaux.

"Ton nom est une insulte à la France" ou encore "le handisport est d'une laideur libérale." Depuis plusieurs années, les sportifs et sportives de haut niveau sont de plus en plus exposés au cyberharcèlement. Sur les réseaux sociaux, certains internautes n'hésitent pas à s'en prendre à leur performance ou leur apparence physique.

A quelques mois des JO, c'est ce fléau que dénonce un sponsor, Allianz, avec une exposition "le revers de la médaille". Il ne s'agit pas là du collectif anti-JO, mais bien d'une action de sensibilisation.

"Le revers de la médaille"

Le concept : inscrire sur des médailles des messages de haine reçus des athlètes. Parmi eux, la championne du monde de judo Clarisse Agbénénou ou l'ancien numéro 1 mondial de tennis fauteuil, Michael Jeremiasz. L'idée : montrer que "ce n'est pas seulement la victoire qui reste gravée" chez ces sportifs, indique Allianz, partenaire de cette opération de sensibilisation à quelques mois des JO de Paris.

"On voit de plus en plus souvent des gens se permettre de nous insulter après ou pendant les compétitions. Déverser leur haine alors qu'ils ne nous connaissent même pas", note Juliette Lacome, surfeuse qui aspire à décrocher sa qualification pour Paris 2024. Elle note que dans son sport, ceux qu'elle appelle les "haters", à savoir les harceleurs prennent souvent pour cible l'apparence des surfeuses. "Cela revient souvent dans les commentaires désobligeants, les personnes pensent que nous ne sommes qu'un physique", ajoute-t-elle.

Les paris en ligne au cœur du problème

De son côté, Michael Jeremiasz indique que son sport, le tennis, fait face à un autre type de harcèlement en ligne. "Beaucoup de mes amis sur le circuit international reçoivent des messages d'insultes à case des paris sportifs", explique-t-il. "Les gens se permettent de dire tout et n'importe quoi à un joueur sous prétexte qu'ils ont misé de l'argent sur sa performance. En quelque sorte, ils les rendent responsables de leur perte d'argent", explique le Parisien d'origine.

"On parle souvent des succès des sportifs mais on oublie qu'après les victoires, chacun a une vie privée dans laquelle les réseaux sociaux prennent une place de plus en plus importante." L'ancien athlète paralympique a subi un autre type de cyberharcèlement, celui "lié à la discrimination par rapport à mon handicap ou encore ma judaïté". Selon lui, cette haine s'est accrue depuis qu'il est devenu une personnalité médiatique.

"Encadrer les réseaux sociaux " 

D'après le champion paralympique, il n'existe pas de solutions miracles pour mettre fin au cyberharcèlement des sportifs. Comme piste, il évoque la nécessité "d'encadrer ce qui peut être dit, ou pas, sur les réseaux sociaux, et comment on peut interagir avec les sportifs." Il souhaite aussi que la pratique des paris sportifs soit limitée. "Il ne faudra pas autoriser le fait que des gens puissent parier pendant des matchs", détaille-t-il. "Il faut ensuite que de vraies sanctions soient appliquées pour mettre fin au sentiment d'impunité chez les harceleurs."      

   

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