J0-2024 : le Premier ministre lance les travaux du futur village olympique

Edouard Philippe et la ministre des Sports Roxana Maracineanu sur le futur village olympique à Saint-Ouen. / © Gonzalo Funetes / POOL / AFP
Edouard Philippe et la ministre des Sports Roxana Maracineanu sur le futur village olympique à Saint-Ouen. / © Gonzalo Funetes / POOL / AFP

Edouard Philippe, en déplacement en Seine-Saint-Denis a donné le coup d'envoi du chantier du village olympique ce matin. Il accueillera près de 15.000 athlètes et officiels en 2024. Le village suscite d'ors et déjà des mécontentements.

Par EH/AFP

A l'issue d'un chantier de trois ans, le site de 51 hectares à cheval entre Saint-Denis, Saint-Ouen et L'Ile-Saint-Denis accueillera près de 15.000 athlètes et officiels en 2024. Après les JO, le site sera transformé en un nouveau quartier, comptant plus de 3.000 logements.

Si on veut qu'ils soient réussis, il faut que toute cette organisation, ces financements, cette mobilisation, ne disparaissent pas au moment où la flamme olympique va s'éteindre. Il faut que tout ça dure.

Cinq ans avant les JO, Edouard Philippe défend déjà l'héritage de Paris-2024. Le futur village olympique doit "être un accélérateur de politiques publiques"a-t-il affirmé. Et de poursuivre : "Il faut qu'il reste quelque chose. Ce quelque chose sera matériel: ce sont les équipements publics, ce village de 51 hectares. Mais c'est aussi des pratiques, des politiques publiques (...) et notamment le fait de redévelopper la pratique sportive chez nos concitoyens".

Pack de 170 mesures 

170 mesures en lien avec les JO ont été annoncé à l'issue d'un comité interministériel.
Certaines sont déjà connues, comme la création d'une cellule à Pôle Emploi dédiée aux postes liés aux JO, le plan "aisance aquatique" destiné à lutter contre les noyades, le plan vélo ou encore un système de défiscalisation pour faciliter le sport en entreprises et les inciter à se doter d'équipements sportifs, douches et vestiaires.
Parmi les mesures nouvelles, sont prévus la création d'un label égalité hommes-femmes, qui aura vocation à s'étendre à d'autres événements sportifs, et un plan de formation de jeunes en service civique sur des missions d'accompagnement aux JO (10.000 par an à partir de 2020).
Autre objectif : la formation de 3.000 personnes en situation de handicap pour devenir bénévoles des Jeux.
Par ailleurs, une enveloppe de 20 M EUR sera allouée à un vaste programme de recherche sur la haute performance sportive destiné très concrètement à accroître les chances de médailles en 2024.

Un village controversé

Des protestations s'élèvent déjà contre le projet de village olympique qui promet de raser une zone accueillant plus d'une vingtaine d'entreprises, trois écoles, un hôtel, une résidence étudiante et un foyer de travailleurs étrangers, très impacté par la construction du futur village.
   

Cela fait 40 ans que nous sommes là et il n'y a plus de place pour nous, c'est insultant.

Boubacar Diallo, représentant des résidents du foyer de travailleurs étrangers de Saint-Ouen s'élève contre les deux nouvelles résidences proposées par la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), l'établissement public chargé des chantiers des JO.  Le foyer demeure l'un des derniers dossiers épineux pour la Solideo qui a acquis "près de 90% du foncier à l'amiable" pour un montant de 110 millions d'euros, selon l'Établissement public foncier d'Ile-de-France.
   
Egalement mécontente, l'école publique d'ingénieurs Supméca, dont le campus sera coupé en deux. 
A Saint-Denis, certains habitants craignent également des nuisances en raison de la concentration, de la future piscine olympique, la plus grande gare du Grand Paris, l'enfouissement des lignes à haute tension, le mur anti-bruit de l'A86 et l'aménagement des berges de Seine.
Sur ce point, la Solideo a promis qu'il n'y aurait pas de chantier de nuit. 

Entre les coûts d'organisation et les chantiers, le budget total des Jeux s'élève à ce stade à 6,8 milliards d'euros, dont 1,5 milliard de dépense publique.

 Le village olympique a d'ores et déjà ses opposants. Notre journaliste Sophie Maréchal a enquêté sur les différentes contestations.






  

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