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Roms : Bobigny condamnée par les magistrats

Le Syndicat de la magistrature (SM) s'est élevé aujourd'hui contre un arrêté municipal d'expulsion d'un campement rom pris hier par le maire de Bobigny, jugeant "indécent" qu'il aille à l'encontre d'une décision de justice du mois de juillet.
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Le Syndicat de la magistrature (SM) s'est élevé aujourd'hui contre un arrêté municipal d'expulsion d'un campement rom pris hier par le maire de Bobigny, jugeant "indécent" qu'il aille à l'encontre d'une décision de justice du mois de juillet.

Une mairie "jusqu'auboutiste"


Le 2 juillet, le tribunal de grande instance de Bobigny avait débouté Stéphane De Paoli, nouveau maire UDI de cette commune de Seine-Saint-Denis, de sa demande d'expulsion de près de 200 Roms installés depuis plusieurs années sur un terrain municipal, surnommé "le camp des Coquetiers", l'un des plus anciens campement rom du département. "Jusqu'auboutiste, la mairie de Bobigny ose prendre le 19 août un arrêté d'évacuation du bidonville des Coquetiers au mépris de la décision du 2 juillet du juge des référés, motivée par le respect des droits fondamentaux au logement et à une vie familiale reconnus par la CEDH (Cour européenne des droits de l'Homme, ndlr)", déclare le syndicat dans un communiqué, jugeant "indécent" d'en redemander l'expulsion. Cet arrêté municipal ordonne l'évacuation des lieux sous 48 heures en invoquant l'insalubrité des lieux, la présence de déchets, la prolifération de rongeurs et le risque d'incendie. Le dernier en date, en février, avait coûté la vie à une fillette de 7 ans. "Pourquoi songer à se conformer à une décision de justice, ou à en faire appel, quand on peut, par un simple arrêté, la contourner et ainsi bafouer les droits fondamentaux de ses occupants ?", s'interroge le syndicat, dénonçant "ces municipalités qui, surfant sur les peurs et les fantasmes et ignorant les droits fondamentaux, mettent à la rue des familles entières, coupables d'être roms."

Rassemblés vendredi sur le parvis de la mairie, une soixantaine de Roms des Coquetiers ont demandé en vain à être reçus par le maire, a constaté une journaliste. Ils ont déposé dans la matinée un recours par voie de référé, une procédure d'urgence, qui sera étudiée par le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) lundi à 14H30.
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