Municipales 2020 : les temps fort du débat du second tour à Saint-Denis

À Saint-Denis, deux listes se font concurrence pour le second tour, celle de Mathieu Hanotin (PS) et celle du maire sortant Laurent Russier (PCF). Les candidats ont débattu ce jeudi sur France 3 Paris Ile-de-France. Voici ce qu'il faut en retenir.

À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), une chose est sûre : le prochain maire sera de gauche. Les deux candidats présents au second tour, Mathieu Hanotin (PS) et le maire sortant Laurent Russier (PCF), ont débattu sur France 3 Paris Ile-de-France ce jeudi soir.

Et la question des alliances s'est rapidement invitée dans le débat. "Je considère que la désunion parmi les forces de gauche et les écologistes n'est jamais bonne", a déclaré Laurent Russier, alors que ce dernier a échoué à faire alliance avec le candidat LFI Bally Bagayoko mais, selon lui, "nous nous sommes mis d'accord sur une plateforme commune, un programme commun". Face aux accusations de racisme dont il a fait l'objet alors qu'il a refusé l'intégration de Madjid Messaoudene sur sa liste, il a mis en avant "son engagement de toujours".

Son rival, Mathieu Hanotin, "n'a jamais pensé que Laurent Russier était raciste". "Mais je pense que tout cela n'est pas très sérieux. C'est le reflet d'une majorité qui est en pleine déliquescence. Ces gens-là ont quand-même gouverné ensemble ces 6 dernières années", a-t-il ajouté.

durée de la vidéo: 00 min 43
Qui représente le mieux la gauche ? Vif échange entre Mathieu Hanotin et Laurent Russier ©France 3 Paris Ile-de-France

Armer ou non la police municipale ?

Mathieu Hanotin a tout d'abord dénoncé les contrôles au faciès qui sont "stigmatisant, et c'est prouvé par les statistiques, inutiles".

Le maire sortant a lui indiqué avoir proposé une expérimentation du récépissé en cas de contrôles à Saint-Denis où la mise en place de caméras piétons, mesures refusées par le gouvernement socialiste de l'époque. "Lorsqu'il y a des cas de racismes de la part des forces de l'ordre ou de toute institution, il faut les condamner", a-t-il ainsi déclaré.

Ce dernier a affirmé qu'il n'y avait pas assez de police nationale : "C'est notoirement insuffisant". "Le nombre de policier doit être en rapport avec la population mais aussi avec les faits de délinquance." Il a poursuivi : "Il y a la police municipale qui doit dégager du temps de police, parce que c'est la seule à même de faire reculer le trafic de stupéfiants, en s'en prenant d'une part aux consommateurs, en réfléchissant à la dépénalisation du cannabis et en étant intraitable par rapport aux trafiquants de drogue et aux guetteurs."

Pour Mathieu Hanotin, "la situation a complètement dérapé à Saint-Denis ces dernières années sur ce sujet des trafics de drogue". Selon lui, "la police municipale doit participer à cette politique de sécurité. Elle doit avoir l'équipement nécessaire. J'ai proposé que certains groupes de police municipale puissent être armés et doubler les effectif pour qu'ils puissent patrouiller la nuit."

Le maire sortant a lui déploré cette volonté : "vous êtes en train de donner une mission nouvelle à la police municipale. Ce n'est pas son rôle". Elle devrait se concentrer sur "la médiation et dégager du temps de police nationale".

► Les enjeux des municipales en 1 min 30 :

durée de la vidéo: 01 min 40
Les enjeux du second tour des municipales à Saint-Denis ©France 3 Paris Ile-de-France

Que faire contre le logement insalubre ?

À Saint-Denis, le prix des logements est en-dessous des 4 000 euros le m². Selon Laurent Russier, ce n'est pas dû à une mauvaise image qu'aurait la commune. "Ce n'est pas un hasard si l'on a une maîtrise des prix de l'immobilier. On a une charte avec les promoteurs qui les oblige à ne pas dépasser des prix, à favoriser les grandes surfaces pour ne pas être dans de la spéculation immobilière."

Sur l'encadrement des loyers, les deux candidats veulent mettre en place l'encadrement des loyers. Mathieu Hanotin veut lui mettre l'accent sur l'accession sociale à la propriété. "On a un modèle saint, qui permet à des classes moyennes d'acquérir." Il souhaite ainsi 10% d'accès social à la propriété.

Saint-Denis fait face au logement insalubre. Certains évoquent le chiffre de 2 logements sur 5. Mathieu Hanotin a déploré "un service d'hygiène de la ville complètement sous-dimensionné". Il veut le porter à 15 personnes pour effectuer des contrôles.

À cela, Laurent Russier a répondu : "nous avons déjà doublé le nombre d'inspecteurs d'insalubrité". "Pour la première fois, ce parc potentiellement indigne a diminué de 3%. Cela peut sembler peu, mais on a inversé une tendance", a-t-il déclaré.

Ces candidats se sont exprimés également sur le quartier des Francs-Moisins. Laurent Russier veut une consultation mais s'est prononcé pour une démolition, au moins partielle. Mathieu Hanotin veut lui aussi une démolition et ne croit pas en des zones où toutes les habitations sont des logements sociaux.

durée de la vidéo: 01 min 39
Quelle politique contre le logement insalubre à Saint-Denis ? ©France 3 Paris Ile-de-France

Abstention record

La commune est tenue par le PCF depuis 1945. Mais l'abstention record du premier tour (près de 70%) rend les hypothèses très incertaines pour l'issue du second tour.

D'autant que chacun des deux candidats a réussi à construire un rassemblement sur sa liste : EELV, les Radicaux de gauche ou Place publique pour Laurent Russier et le PCF. Le Parti Radical de Gauche, Génération.s ou le Parti Animaliste pour Mathieu Hanontin et le PS.

Le candidat LFI n'a pas appelé à voter pour Laurent Russier mais appelle à voter contre Mathieu Hanotin.

Ainsi, à l'issue du premier tour, Mathieu Hanotin avait recueilli 35,31% des voix, suivi par Laurent Russier avec 24% des voix. Bally Bagayoko (LFI) a lui recueilli 18,04% des voix mais n'a pas souhaité se maintenir au second tour.

► Voir le débat en intégralité :

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
élections municipales 2020 politique élections débats interactifs société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter