Seine-Saint-Denis – Le centre culturel Mains d'œuvres évacué à Saint-Ouen après un désaccord avec la mairie

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Le centre culturel Mains d'œuvres a été expulsé ce mardi de son siège historique où il était installé depuis 2001 à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). En cause, un désaccord sur le "non-renouvellement du bail" avec la mairie, propriétaire des lieux.

Par MT/AFP

Ce mardi matin, "l'association Mains d'œuvres a été expulsée par les forces de l'ordre du bâtiment municipal occupé sans droit ni titre par l'association depuis le 31 décembre 2017", annonce un communiqué de Saint-Ouen.

"Alors que la ville devait lancer les travaux d'un nouveau conservatoire municipal moderne répondant aux besoins du plus grand nombre, Mains d'œuvres a refusé de quitter les lieux à la date prévue", ajoute le document.
 

237.000 euros d'impayés de loyers

Selon la mairie, en 2015, l'association, "déjà en redressement judiciaire, cumulait 237.000 euros d'impayés de loyers" et "s'était engagée à quitter les lieux" fin 2017. "Au lieu de cela, elle a continué à exploiter en toute illégalité les locaux appartenant à la ville".

Elle a ainsi "retardé de deux ans l'ouverture du nouveau conservatoire municipal", déclare le maire William Delannoy (UDI) dans ce communiqué.
La préfecture de Seine-Saint-Denis a indiqué que l'expulsion, ordonnée le 2 juillet dernier par le tribunal de Bobigny, saisi par la municipalité, "s'est effectuée sans incident".

Les locaux "feront très prochainement l'objet d'une réhabilitation importante en vue d'accueillir le futur conservatoire municipal", ajoute la préfecture dans un communiqué.
 

"On avait demandé un moratoire"

Installé depuis près de vingt ans dans ce bâtiment de 4.000 m² aux abords du célèbre marché aux puces, l'association attendait un jugement en appel qui doit intervenir le 3 décembre, explique sa directrice Juliette Bompoint, jointe par l'AFP.

"On avait demandé un moratoire en attendant l'appel et on n'avait pas eu de réponse. On ne s'y attendait pas du tout. Là, ils ont encerclé le bâtiment avec 25 camions de CRS, il y a 70 personnes au chômage technique, une école de musique avec 300 élèves... Ça va être compliqué", ajoute-t-elle.

"On ne voit pas l'intérêt de détruire un lieu culturel pour en faire un autre", dit-elle encore.
Un message sur la page Facebook du centre culturel appelle à la "mobilisation de toutes et tous ceux qui se sentent investis dans notre société pour l'accès égal à toutes et tous à la culture"
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