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Seine-Saint-Denis – À Romainville, des habitants craignent un désastre écologique sous leurs pieds

A Romainville, des habitants craignent une forte pollution des sols sur l'ancien site de l'usine Wipelec. / © France 3 Paris - Île-de-France
A Romainville, des habitants craignent une forte pollution des sols sur l'ancien site de l'usine Wipelec. / © France 3 Paris - Île-de-France

Des habitants de Romainville (Seine-Saint-Denis) dénoncent le désastre écologique de l'ancienne usine Wipelec. Cette entreprise spécialisée dans le traitement des métaux lourds a fermé en 2003. Malgré la dépollution du site, les taux de polluants sont toujours importants.

Par Aude Blacher avec MT

Il y a un mois, Sébastien Tirloir a reçu un courrier de la préfecture avec les résultats des prélèvements effectués cet été dans son jardin. "On voit que le trichloréthylène, qui est cancérogène, cette substance a été multipliée par 100. Elle passe de 10 à 1000. Et on nous dit de continuer d'aérer le logement, rien de plus", déplore Sébastien Tirloir un habitant de Romainville.

Ce père de famille habite en face d'un terrain tristement célèbre dans le quartier : celui de l'ancienne usine Wipelec. Jusqu'à sa fermeture en 2003, le sous-traitant de Safran a utilisé des produits hautement toxiques comme le benzène ou le cyanure, et ce fameux trichloréthylène aujourd'hui découvert dans le sol du riverain.
A Romainville, des habitants craignent un désastre écologique sous leurs pieds
Intervenants : Sébastien Tirloir, habitant de Romainville; Martine, habitante de Romainville; Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association Robins des Bois. - France 3 Paris - Île-de-France - Un reportage d'Aude Blacher, Olivier Badin, Virginie Delahautemaison, Yves Zysman et Sandra Sonder.
 

"On est ici comme des cobayes"

"Les riverains, on est ici comme des cobayes. On fait une dépollution comme si on était en plein désert. Alors qu'il y a des logements tout autour, on attend de voir et on n'informe pas", raconte cet habitant.

Une inquiétude partagée par sa voisine. En attendant de nouveaux prélèvements chez elle, Martine s'en remet à son extracteur d'air, très volumineux, installé dans sa maison par l'État il y a un an.

"Moi c'est vrai, j'ai perdu ma famille assez jeunes, tous de cancers. Maintenant, est-ce que c'était lié à la pollution ? Je ne le sais pas. Mais tout le monde est décédé très jeune. Mes grands-parents, mes parents, mon frère, ma sœur, mes oncles."
 

Officiellement, 13 habitations concernées

Officiellement dans le quartier, 13 habitations sont considérées comme polluées. Mais d'après l'association Robin des Bois, la zone pourrait être beaucoup plus vaste. Car selon Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association, des solvants chlorés se seraient répandus dans les canalisations d'eaux usées qu'il faudrait donc changer.

"Cela représente beaucoup d'argent et aussi beaucoup de temps. Les gens qui habitent ici sont exposés, parfois sans le savoir encore, à des vapeurs, des gaz qui attaquent le foie, le système nerveux, qui retardent le développement des enfants et diminuent le système immunitaire", explique-t-il.

Pourtant, une dépollution du site a eu lieu cet été. Une barrière de venting a été installée pour aspirer les gaz de sols. Efficace selon la préfecture de Seine-Saint-Denis. "Une augmentation de la concentration en trichloréthylène dans les gaz de sols ne préjuge pas d'une extension ou d'un déplacement du panache de pollution", affirme-t-elle par courrier.
 
L'ancien site Wipelec devrait accueillir d'ici quelques mois un immeuble de 99 logements. Le permis de construire vient d'être déposé. En face, les riverains ne désarment pas et envisagent une nouvelle procédure contre l'État pour carence fautive.
 

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