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Transports en commun : non, il n'y a pas de profil-type du fraudeur !

Un portique du métro parisien. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Un portique du métro parisien. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

180 agents de contrôle et de sûreté étaient présents mardi de 15h à 18h à la Gare du Nord. Ils ont bloqué les 14 points d'entrée et de sortie de la gare parisienne. L'opération coup de poing visait à traquer les fraudeurs, difficilement reconnaissables en raison de la diversité de leurs profils.

Par Mathilde Brugnière

Ils sont partout, mais ils se fondent dans la masse. Il y a les visibles, ceux qui passent par-dessus les portiques, et les invisibles qui ne valident pas leur titre de transport dans les bus et trams.

Jean-Baptiste Suquet, sociologue spécialiste des comportements déviants, déconstruisait les idées reçues sur les fraudeurs dans l'émission Parigo du 29 janvier 2018.
 

Tout le monde est fraudeur potentiel

"Ce qui ressort dans les études, c'est le caractère plutôt masculin et jeune des fraudeurs, ce sont en majorité des lycéens et étudiants jusqu'à 25 ans", soulignait le sociologue, tout en nuançant les études faites. "Au-delà de cette catégorie qui ressort, ce qu'on observe avec les contrôleurs au travail, c'est la grande diversité des profils de fraudeurs. On peut très bien avoir des personnes âgées qui fraudent de façon délibérée."
 

Il y autant de raisons de frauder que de fraudeurs

En premier lieu, c'est le coût du billet qui est en cause dans la majorité des fraudes. Il est plus rationnel de tricher car "les chances d'avoir une amende sont beaucoup moins élevées que celles de ne pas en avoir". Ensuite, il y a ceux pour qui la fraude est un jeu. "Ils jouent au chat et à la souris avec les contrôleurs", explique Jean-Baptiste Suquet.

Les fraudeurs peuvent aussi ne pas savoir qu'ils sont en infraction, par méconnaissance des règles propres au réseau. Par exemple, ne pas valider son pass Navigo dans le bus est passible d'une amende, quand bien même l'usager paie un abonnement.

Autre catégorie : les insatisfaits. "Ils protestent contre une qualité de service insuffisante", détaille le sociologue. Enfin, il existe des fraudeurs par idéologie : "Ce sont des personnes qui pensent que les transports en commun devraient être gratuits."
 
La fraude en quelques chiffres

Les trams et bus sont les plus victimes de la fraude : 12 % contre seulement 2,5 % dans le métro, où les portiques dissuadent les potentiels tricheurs. Au total, la fraude représente un manque à gagner annuel de 300 millions d'euros en Île-de-France. Pour le seul réseau RATP, c'est 158 millions d'euros en 2017, ce qui correspond à une vingtaine de rames de métro.



 

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