Vaccination : pour Valérie Pécresse, "c’est le Bazar"

De plus en plus d'élu(e)s s'en prennent à la stratégie de vaccination de l'exécutif.

 Une fiole de vaccin Pfizer/BioNTech. Photo d'illustration Stéphane de SAKUTIN/AFP
Une fiole de vaccin Pfizer/BioNTech. Photo d'illustration Stéphane de SAKUTIN/AFP

La campagne de vaccination du gouvernement est (une nouvelle fois) source d'inquiétudes de la part des élus. Ce matin, c’est la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse qui s’est prêtée à l’exercice. « Cela m’attriste de le dire, mais c’est le bazar », a-t-elle confié au micro de nos confères de RMC-BFM TV.

"L’État a décidé, brutalement, de transférer tout le fardeau de l’organisation de la vaccination de proximité aux maires qui se sont retrouvés dans une détresse totale", a-t-elle expliqué, affirmant que c’est aux régions, et non aux maires, de coordonner la logistique de la vaccination. "Les régions peuvent mutualiser tous les achats". "Aujourd’hui, les maires n’ont pas suffisamment de seringues pour vacciner. Ils sont obligés de trouver dans leur ville les professionnels de santé pour vacciner, des frigidaires pour stocker les vaccins et d’organiser la logistique des transports. Ce n’est pas à eux de le faire", a-t-elle martelé.

107 centres de vaccination sont actuellement ouverts en Île-de-France, mais "la situation est ubuesque", regrette-t-elle. "Dans ces centres, on avait promis aux maires des milliers de doses cette semaine. Les maires ont été rappelés ce week-end en leur disant que finalement ce ne sont pas des milliers, mais quelques centaines de doses qui seront disponibles", a déclaré la présidente de la région. Du fait de ce nombre trop faible de doses, on a demandé aux maires de "déprogrammer des rendez-vous" pris la veille.

 

Les maires en colère

Valérie Pécresse n’est pas la première à dénoncer la logistique de vaccination. Déjà la semaine dernière, dans un entretien accordé au Journal du dimanche, la maire de Paris Anne Hidalgo s’en était, elle aussi, prise à l’exécutif dans sa manière de gérer l’épidémie de Covid-19 et la campagne de vaccination. "Avec de telles carences, le Débarquement de juin 1944 aurait échoué", avait jugé l'élue. Elle s’était alors attiré les foudres du gouvernement.

Elle en avait remis une couche jeudi, en dénonçant cette fois le nombre insuffisant de doses de vaccins pour la ville de Paris. C'était alors la veille de l’ouverture de la vaccination aux personnes de plus de 75 ans hors Ehpad (qui a débuté aujourd'hui). "Nous devrions en recevoir 10.000 pour la première semaine. C'est trop peu, car Paris compte 170.000 habitants de plus de 75 ans", avait-elle déclaré dans une interview donnée à nos confrères du Parisien. "A ce rythme, il faudrait 34 semaines pour tous les vacciner".

Vendredi, c’est via Twitter que le vice-président de la région Île-de-France et maire UDI de Mennecy (Essonne), Jean-Philippe Dugoin-Clément, y est allé de son petit tacle.

Durant un déplacement à Grenoble, le ministre de la Santé a néanmoins voulu se montrer rassurant face à cette inquiétude. "Nous aurons atteint notre objectif", a-t-il affirmé. Olivier Véran avait assuré qu'un million de personnes seraient vaccinées chaque mois dans le pays. Au 17 janvier, 77 897 personnes ont été vaccinées en Ile-de-France d'après la direction générale de la santé. 

 

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