Europacity : Auchan, l'un des porteurs du projet, inquiet d'un revirement de l'État

Maquette du projet EuropaCity datant de 2017. / © HANDOUT / ALLIAGES ET TERRITOIRES / AFP
Maquette du projet EuropaCity datant de 2017. / © HANDOUT / ALLIAGES ET TERRITOIRES / AFP

Les oppositions au mégacomplexe commercial dans le Val d'Oise sont nombreuses. Jusqu'ici, l'État a soutenu le projet mais des anciens membres du gouvernement ont exprimé leur scepticisme.

Par MT/AFP

L'État a "tiédi" son soutien envers Europacity, projet controversé d'un grand complexe commercial près de Paris, a estimé jeudi le groupe Auchan, l'un de ses deux porteurs, prévenant que la "parole" de l'exécutif serait abîmée en cas de renoncement.

"L'État nous a fait progresser pour rendre une copie exemplaire", a déclaré Vianney Mulliez, président de Ceetrus, la filiale immobilière d'Auchan, dans un entretien aux Échos. "Mais il est vrai que, depuis l'été, nous avons senti que ce soutien a tiédi à mesure qu'est monté le débat sur l'artificialisation des terres."
 

Un projet franco-chinois

Europacity, porté à parts égales par Ceetrus et le groupe chinois Wanda, est un projet à l'ampleur sans précédent en France depuis Disneyland Paris: il vise à implanter d'ici à 2027 un grand complexe de commerces et de loisirs dans le Val d'Oise, à quelques dizaines de kilomètres de Paris.

Le projet est largement soutenu par les élus locaux mais suscite depuis des années une opposition multiforme, qui va d'organisations écologistes à des associations de commerçants. Ces contestations ont régulièrement été portées devant la justice administrative, parfois avec succès, ralentissant la réalisation du projet.
L'Etat a décidé depuis longtemps d'aménager ce triangle de terres agricoles en zone d'activité / © Triangle de Gonesse
L'Etat a décidé depuis longtemps d'aménager ce triangle de terres agricoles en zone d'activité / © Triangle de Gonesse
 

Macron ne s'est pas exprimé publiquement

De son côté, l'État est resté discret sur le sujet même si, depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, certains membres du gouvernement ont exprimé leurs réticences comme Nicolas Hulot et Benjamin Griveaux, qui ont depuis tous deux quitté l'exécutif.

"La balle est dans le camp d'Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique, et du gouvernement", a prévenu M. Mulliez, appelant l'exécutif à faire "preuve de courage politique".

"S'il devait renoncer, cela poserait une nouvelle fois la question de la parole de l'État, notamment vis-à-vis des grands investisseurs internationaux", a-t-il poursuivi. "Il ne faut pas qu'une instrumentalisation politique d'activistes écologistes conduise à oublier ceux qui vivent dans ce territoire."

À ce titre, le président de Ceetrus a mis l'accent sur les volets environnementaux du projet, dont la plantation d'arbres et l'introduction d'espèces animales sur le site d'aménagement.
 

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