Tensions à Argenteuil : faut-il renforcer la législation autour des mortiers d’artifice ?

Alors qu’une école a été la cible d’incendiaires dans la nuit de mardi à mercredi à Argenteuil, le climat est tendu depuis plusieurs semaines dans le quartier. La députée Fiona Lazaar travaille sur une proposition de loi pour renforcer la législation autour des mortiers d’artifice.
Explosion d’un mortier d’artifice, lors d’une nuit de tensions à Argenteuil.
Explosion d’un mortier d’artifice, lors d’une nuit de tensions à Argenteuil. © Police d’Argenteuil
Les soirées de tensions se répètent ces derniers jours à Argenteuil, dans le Val-d’Oise. Dans la nuit de mardi à mercredi, l’école maternelle de la Croix-Duny a été la cible d’incendiaires, et plusieurs salles de l’établissement ont été endommagées. Sur place, deux mortiers d’artifice ont été retrouvés (à noter que le terme utilisé ici n’a rien à voir avec un équipement militaire, mais désigne en pyrotechnie un dispositif explosif qui permet d’allumer les feux d’artifice).

Le climat est tendu depuis plusieurs semaines, dans le quartier. Sur la dalle d’Argenteuil, les policiers ont fait face trois soirs de suite à des tirs de mortiers d’artifice à répétition, comme on peut le voir sur les images relayées sur les réseaux sociaux.
 
L’un des policiers a été blessé sous l’œil : un éclat est passé sous son casque. Les faits ont également entraîné des dégâts matériels : la grille de l’antenne de police de la dalle a subi un début d’incendie, et ses vitres ont été brisées.
Le policier blessé en dessous de l’œil, après le passage d’un éclat sous son casque.
Le policier blessé en dessous de l’œil, après le passage d’un éclat sous son casque. © Police d’Argenteuil

Les policiers, qui se disent désabusés, dénoncent une réponse pénale insuffisante. "Les individus qui sont interpellés sont parfois placés en garde à vue et sont systématiquement relâchés, avance Ludovic Collignon, du syndicat policier Alliance. Et on retrouve les mêmes le lendemain en train de tirer au mortier d’artifice ou de balancer des cocktails sur nos collègues. La justice ne prend pas la mesure de ces agressions et n’apporte pas les réponses pénales qu’on est en droit d’attendre dans ce genre de circonstances."

"C’est un quartier qui devient invivable"

Dans le quartier, certains habitants se disent inquiets face à l'utilisation des feux d’artifice. "Nous vivons constamment dans la peur, raconte une riveraine. Et on a l’impression qu’on ne peut pas réussir à s’endormir, ça arrive à n’importe quel moment. Des fois, ça peut être à deux heures du matin. Ma voisine est sans arrêt angoissée, c’est un quartier qui devient invivable."

Du côté politique, Fiona Lazaar (LREM), députée de la circonscription, travaille sur une proposition de loi qui vise à poursuivre acheteurs et vendeurs de mortiers d’artifice si l’usage n’est pas professionnel.

Nous souhaitons avoir une législation très ferme et qui dissuade ces personnes de disposer de ces mortiers d’artifice

La députée propose en plus un autre amendement, avec pour but de "sanctionner de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende toute personne qui dans un attroupement disposerait sur lui d’un mortier d’artifice". "Nous souhaitons avoir une législation très ferme et qui dissuade ces personnes de disposer de ces mortiers d’artifice, et s’assurer qu’elles ne puissent pas en faire usage, notamment lors de ces attroupements qui créent le chaos dans certains quartiers", défend l’élue.

Cette proposition de loi sera débattue la semaine prochaine à l’Assemblée nationale.
 
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