Val d'Oise - La justice suspend les travaux de la ligne 17 du Grand Paris Express

Une manifestation en octobre 2017 d’élus du Val d’Oise, de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis a l'appel de l’Association des collectivités du Grand Roissy (ACGR) pour la défense de la ligne 17 du Grand Paris Express. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Une manifestation en octobre 2017 d’élus du Val d’Oise, de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis a l'appel de l’Association des collectivités du Grand Roissy (ACGR) pour la défense de la ligne 17 du Grand Paris Express. / © IP3 PRESS/MAXPPP

La justice administrative a suspendu pour un an les travaux du tracé nord de la ligne 17 du métro du Grand Paris Express. Il devait desservir notamment le Triangle de Gonesse (Val d'Oise) et le projet abandonné du megacomplexe Europacity.

Par MT/AFP

Après l'annonce par Emmanuel Macron de l'abandon du megacomplexe Europacity, c'est une nouvelle victoire pour les défenseurs de l'environnement : la justice a décidé vendredi de suspendre pendant un an les travaux de la ligne 17 du métro Grand Paris Express autour du Triangle de Gonesse (Val-d'Oise), qui devait accueillir le projet.

Dans un communiqué publié vendredi, le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) explique avoir considéré que "deux irrégularités" entachaient l'autorisation environnementale délivrée par les préfets de la Seine-Saint-Denis, de Seine-et-Marne et du Val-d'Oise.

Il demande en conséquence de suspendre pendant un an les travaux sur toute la portion nord du tracé, notamment autour du Triangle de Gonesse, lieu où devait s'implanter Europacity. 
 

Délai de 12 mois pour peaufiner le projet

La justice, saisie notamment par France nature environnement et le Collectif pour le Triangle de Gonesse, opposants historiques à Europacity, reproche de ne pas avoir suffisamment étudié "les incidences cumulées du projet de la ligne 17 nord, qui comporte la création de la gare du Triangle de Gonesse et du projet de ZAC du même nom."

Autre grief : l'arrêté pris par les préfets autorise la perturbation, voire la destruction, de sites de reproduction de 27 espèces aviaires protégées, sans mesures de compensations suffisantes.

Toutefois, le tribunal estime que "ces lacunes sont susceptibles d'être régularisées" et donne un délai de douze mois au maître d'ouvrage et à l'administration pour compléter les études et "éventuellement, étendre les mesures destinées à compenser les atteintes aux espèces protégées".

Pour Bernard Loup, du Collectif pour le Triangle de Gonesse, "c'est une très bonne nouvelle, qui va dans la continuité de la décision d'Emmanuel Macron". "Cela laisse du temps pour élaborer une proposition pour le territoire", qui ne peut être, aux yeux du militant, "qu'un projet agricole d'intérêt local".
 

Europacity, un mégacomplexe "daté et dépassé"

La semaine dernière, le chef de l'État avait enterré Europacity, un mégacomplexe de commerces et de loisirs qui devait être implanté d'ici à 2027, le jugeant "daté et dépassé".

Le projet, pesant 3,1 milliards d'euros et promettant 10.000 emplois, devait s'établir sur ce que le CPTG qualifiait de "terres les plus fertiles d'Ile-de-France", le triangle de Gonesse, coincé entre les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle et du Bourget. Fait rare, les syndicats agricoles s'étaient également unanimement déclarés opposés au projet.

À contrario, les élus locaux ont dénoncé "un abandon de la banlieue et de ses habitants".
 

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