Il promettait les Beaux-Arts à son élève: un peintre violeur récidiviste aux assises

Promesses contre fellations. Augusto est artiste, argentin, septuagénaire. Julie est mineure, naïve et rêve des Beaux-Arts. Il lui fait miroiter un appartement, une Rolls-Royce et une rencontre avec Karl Lagerfeld. Elle y croit: ces viols présumés sont jugés à partir de mardi à Créteil.

A 16 ans, la jeune élève est une ado paumée. Scolarité abandonnée, père suicidaire et mère malade proches du divorce: Julie veut fuir une vie de famille chaotique et se construire un avenir.

Elle s'imagine en virtuose du pinceau. Dans le carnet d'adresses de sa mère, un nom: Augusto de Fontenelle, un peintre argentin de 72 ans, qui se targue d'une renommée mondiale et d'un entregent sans pareil. Il croupit en prison quand sa maman fait sa connaissance, via son épouse qu'elle accompagne lors des parloirs. Condamné en 2003 par la cour d'assises du Val-d'Oise pour le viol de deux de ses filles, il purge une peine de 18 ans de prison.

Derrière les barreaux, Augusto lui assure avoir été victime d'une erreur judiciaire. Elle le croit et lui confie Julie, un an après sa remise en liberté conditionnelle. Dans un premier temps, à l'été 2011, la jeune élève ne passe que quelques heures chez l'artiste pour des cours de peinture. Un jour, prétextant vouloir lui présenter ses toiles, il l'isole dans sa chambre et pose ses deux mains sur sa poitrine. La jeune ado, pétrifiée par la présence de sa mère dans une pièce voisine, ne crie pas.

Ils ne se revoient plus avant l'été suivant. Pour s'économiser les longs trajets quotidiens jusqu'à l'atelier du peintre et accélérer une formation prometteuse, la maman de Julie décide de déléguer par écrit, sous la dictée du vieil homme, son autorité parentale. L'adolescente emménage chez Augusto: le piège se referme.
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